Sujet: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Dim 6 Mar - 20:52
Jour sobre sur la capitale. On y respirait difficilement. Comme si l’air s’était couvert d’une épaisse nappe invisible. Pandore avait choisit cette journée pour sortir s’aérer. Mauvais choix, elle s’était néanmoins résignée à continuer sa virée dehors. Longue cavale… Elle s’ennuyait. Son mp3, petit bijou de technologie aujourd’hui indispensable, s’était greffé à ses oreilles et elle déambulait sans but précis. Ou si. Celui de trouver, enfin, quelque chose qui la fit s’étonner. S’emballer. Se… Enfin. Rien d’exceptionnel ne surgirait aujourd’hui. Continuité éternelle. Elle laissa s’échapper un soupir, résumant en un seul souffle l’ennui mortel qui l’affligeait. Air-Trecks. Elle hésitait. Une voix murmurait à son oreille attentive de chausser ces ailes de métaux et de voguer sur le vent ; avec le vent ; parmi les oiseaux. Une solution qui aujourd’hui lui semblait dérisoire, indifférente. Elle qui, quelque mois auparavant avait vu ces inventions sous l’œil d’un renouveau total, d’une bénédiction imprévue, déchantait en se morfondant dans son quotidien âpre. Pandore n’était pas de ces individus qui apprennent de leurs erreurs, et ne voyant pas plus loin que le bout de ses plaintes sans solutions, elle ne comprenait pas que son unique souci provenait de son manque de volonté. Elle s’imaginait avoir plus de force mental que n’importe qui. Pandore. Fière et volontaire, loin d’abandonner ses objectifs, convaincue de l’entière véracité de tous ses propos. Pandore. Une arrogante petite conne. C’était du moins ce qu’elle risquerait de devenir si son cerveau ne lui hurlait pas, très vite, d’enclencher le système de survie.
BOUGE TOI !
Le hurlement avait tapé contre son crane, comme une gifle vous claque sur la joue et laisse votre peau cuisante, irritée, rouge de honte et de douleur. Ses yeux s’étaient écarquillés devant l’intervention violente de sa propre conscience. Se bouger. Oui. C’était un mot comme un autre, mais il collait avec perfection à ses besoins. Elle esquissa un demi sourire, à mi-chemin du rictus malsain. Hm. Reprendre du poil de la bête. C’était comme s’élancer dans une chasse, en pleine jungle, les feuilles vous alpaguant le visage de leurs mains coupantes. Excitant. Démesurément tentant. Elle se laissa glisser dans son imagination, parcourant milles rêves et chimères autrefois oubliées. Il était si facile de se perdre dans des idéaux, qu’elle ne vit pas que l’heure tournait et que, dans sa folle escapade, le soleil fuyait sous l’horizon. Le monde était maintenant convié à se revêtir d’un voile charbon. Ses yeux d’eau esquintèrent d’un regard agressif les rares passants. C’était inespéré, mais elle sentait battre sous sa peau le cœur d’une traqueuse. Qui sait ce qu’elle chasse. Et ce qu’elle chassait ce soir, c’était l’action qui donnerait à sa vie le nouveau sens qu’elle était venu chercher. »
Ne te moque pas de moi ; On ne plaisante pas sur ce qui ne peut être drôle.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Lun 7 Mar - 20:38
-Kiai !
Journée assez belle dans l'ensemble, Kay avait à nouveau chaussé ses ATs et continuer à s'entrainer. D'après Key, il devait faire ça pendant toute une semaine. Mais "ça", ne représentait pas n'importe quoi. Son sensei lui avait mit des journaux aux tibias pour les renforcer. Ce que devait faire Kay était assez simple : distribuer des journaux en baladant un cadi rempli de ses derniers dans toute la ville, tout en donnant des coups de tibias dans chaque panneaux qu'il trouvait. Et comme si cela n'était pas suffisant, Kay se rajoutait de lui même une difficulté supérieur. A chaque poignées et chevilles, il avait des poids de vingt kilos chacun.
C'est ainsi, en distribuant adroitement ses magazine dans toute la ville qu'il se retrouva sur la baie de Tokyo la nuit venu. Le temps passait extrêmement vite lorsqu'il s'exerçait ainsi. Etait-ce car le poids et l'effort le ralentissait ? Probablement, mais cela n'était pas comme s'il en avait quelque chose à faire. Les regards des passants se détournaient vivement de lui, sûrement en espérant qu'un flic vienne l'arrêter. D'ailleurs, il était surpris qu'aucun G-men ne l'ai encore arrêté. Mais il se rappelait encore sa rencontre avec l'un d'eux, Dento ... Un G-Men bon, pas comme les autres.
Mais passons la vie de notre pauvre héros sous silence pour revenir à la scène majestueuse qu'était sa virée sur le bord de mer. Alors même qu'il plia l'un des panneaux de circulation à un carrefour, un regard le foudroya. A deux mètres de lui, une jeune fille paraissait vouloir tuer tous les passants du quartier, et lui aussi par la même occasion. Ses cheveux si éblouissant, et ses yeux qui vous entrainent dans les abysses d'un monde inconnu ... Kay ne sut que faire si ce n'est rester immobile.
-Quoi ? Je te fais peur peut-être ? Ou alors tu as un petit creux et tu te demandes lequel de ses pauvres petites gents aurait le meilleur goût ... Je te conseille une fille, les gars mangent n'importe quoi, et c'est pas vraiment bon les poils ...
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mar 8 Mar - 18:21
♠ C’est fou comme la mémoire humaine peut parfois nous surprendre. Elle releva la tête, indécise. Drôle. Ou navrant ? Pandore était de ces filles sceptiques, un peu méchante par nature, à trouver le défaut que personne ne remarque chez les gens. Identique à un acide, elle piquait les autres de ses regards sceptiques. Elle décida d’être plus rassurante. Il avait été gentil. « Gentil ». Ce mot lui donnait la gerbe. Il puait l’hypocrisie à plein nez, l’adjectif doux mais pourri. Ce genre de mot qu’on colle pour éviter de critiquer. « Elle est jolie ? » « Gentille. ». Ouais, parfaitement ça. Bon. Être sociable, avenante. Elle était de bonne humeur, la tache ne serait pas rude, elle n’était pas désagréable en dépit de son cynisme naturel. Elle le détailla. Fou comme il lui rappelait quelqu’un… Mais qui ? Persuadée d’effleurer sa réponse, elle esquissa une moue sympathique. Celle qui veut dire « ok, on va parler, tranquillement. »
« On se connait ? »
Directe. Elle ne savait pas prendre de gant. Les détours, les complications, tourner autour du pot pour obtenir le même résultat… Elle avait renoncé à ce genre de mondanités, où la politesse surplombe l’essentiel. Sa main blanchâtre recala d’un trait une mèche inopportune. Se dégager la vue, c’était s’assurer d’y voir plus clair, non ? Elle ne voyait pas trop quoi ajouter à sa demande, même si l’impatience lui rongeait l’estomac. Pandore vivait à un rythme assez intense, qui lui causait parfois défaut. Il fallait que tout aille vite, sinon, elle s’ennuyait. Facilement. Et pourtant, en dépit de cette incapacité à se satisfaire de la lenteur, elle pouvait passer des heures postée à la fenêtre à remettre en question tout ce qu’il y avait de plus évident et d’inéluctable au monde. Une sorte d’antithèse qui trouvait ses racines dans sa nature humaine. Cette agaçante manie qu’avait la majorité de sa race à chercher des réponses là où aucune question ne trouvait son nid. Ah, si elle avait sut se l’avouer, Pandore aurait dit d’elle-même qu’elle était banale. Mais on se porte toujours plus haut qu’on ne l’est vraiment. Par espoir, ou par égocentrisme, allez savoir.
Dans la continuité de la discussion à peine entamée, elle se calla un peu mieux au dos d’une rambarde. Ne pas tomber dans l’eau, hein. Le soleil descendait à vue d’œil, comme si la boule orangée –qui striait le bleu du ciel de rayons violet- avait décidé d’accompagner les deux jeunes gens dans leur rythme de vie. Hmmm. Elle eu tout juste le temps de retenir une exclamation de surprise en s’attardant sur ce qu’il portait au pied. Tiens donc.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mar 8 Mar - 19:36
*Elle ne se souvient pas de moi ^^'*
Kay faillit à se casser la gueule. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il avait rencontré la belle pour la première fois. Et il s'en souvenait très bien. C'était une période où le sang et le combat régissait sa vie. Aujourd'hui plus posé, plus serein, il ne devait pas paraitre même homme qu'autrefois. Avait-il tant changé ?
-Oui je te connais. Ce n'est pas bien grave si tu ne te rappelles pas. Après tout, on a pas discuté longtemps. Cependant, je vois que tu continus l'Air Treck. Je suis content de voir que tu vas bien.
Pourquoi tant de gène et de retenue ... Kay était ainsi, aucune autre raison ne pouvait expliquer son attitude. Il déplaça le cadi sur le coté, dans un boucan assourdissant des plus déplaisant. Puis, une fois hors de portée de la populace, il posa ses coudes sur la barrière, celle-la même contre laquelle était Pandore. Pandore. Cette française qu'il n'avait put oublié ... Lui avait-elle fait tourné la tête ?
Son dos se colla contre le froid matériel de la rambarde, et le jeune homme regarda le ciel d'un air des plus décontracté. Quelle belle nuit étoilée. Ses yeux se fermèrent, attendant une réponse de sa camarade.
*J'aurais tellement aimé qu'elle se souvienne de moi ... Dommage ...*
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mar 8 Mar - 22:02
Le déclic. Oui. Oui. Ils se connaissaient, elle avait vut juste. Elle regrettait juste amèrement qu’il n’ai pas daigné lui représenter son prénom. Encore. Pour qu’elle y mette un mot ; que ses souvenirs affluent. Elle tenta désespérément de crocheter la serrure qui séparait son présent de sa mémoire. Sans succès, au début. Elle n’avait jamais été très douée pour marquer dans le temps les évènements important. Non pas qu’elle considérait que ce jeune homme ai eu un intérêt absolument essentiel, quoiqu’il était sympathique et lui avait offert une première occasion de se plonger dans l’univers nocturne, mais il lui faisait défaut ce que tout humain a part elle semblait posséder. Une certaine dose de mémoire. Même un fragment. Elle… Nada. Ou bien cela variait. Mais il lui fallait reconnaitre que ces temps-ci, l’oubli dut à la lassitude avait été de mise. C’était pour se reforger un but et une conscience que la demoiselle était sortie. Bonne pèche. Il était là. Lui. K…Kay…Kay-Ten ? Hu ? Elle éclata de rire. Brusquement, sans transition quelconque avec les paroles du jeune Japonais. Juste comme ça, devant l’évidence qui enfin dissipait la brume. Elle pouvait dès à présent voir défiler dans sa tête les images de leur première rencontre. Aaaah. Souvenirs anciens ; et pourtant si proches. Une vraie tête en l’air !
« Kay ? C’est ça ?* »
Pandore lui adressa un sourire plus familier, moins fermé. Non pas qu’elle lui signifiait une quelconque attirance ou joie, plus une satisfaction d’avoir enfin retrouvée les bribes manquantes. Eternelle insouciante…Elle n’avait plus pensé aux sentiments que peuvent tisser un homme et une femme depuis trop longtemps pour y songer ne serais-ce qu’une seule seconde. Son but actuel, à l’instant même du déroulement de cette scène, était de parler avec une connaissance. De parler pour s’aérer et peut-être, enfin, regagner une bonne fois pour tout l’univers maudit des ailes mécaniques. Une tentation vénéneuse qui coulait lentement le long de son cœur, comme un liquide froid, suintant, murmurant à ses oreilles un appel à l’aide. « Rejoins…Rejoins moi », semblait lui murmurait les prémices de ce qui serait bientôt un sentiment complet. Celui irrévocable de l’excitation adolescente : les premiers pas. Si elle n’avait pas été aussi proche de l’âge adulte, Pandore aurait put être comparée à un bambin qui marche pour la première fois. Ses sanguines prunelles réverbéraient autour d’elle l’éclat de l’intérêt nouveau qui l’animait. Ah, ah, ah ! Elle se sentait respirer, d’une façon si intense, qu’elle se jura à elle-même de ne pas renoncer. Pas cette fois-ci. Elle irait de l’avant.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mer 9 Mar - 10:25
Les yeux fermaient, il fut surpris lorsqu'elle éclata subitement de rire. Il tourna le regard, croisant le sien, l'incompréhension se lisant sur son visage.
*J'ai fais quelque chose de marrant ?*
C'est alors qu'elle lui répondit en français. He bien, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas parlé cette langue. Il fallut un certain pour traduire la phrase dans sa tête, recherchant les brides d'enseignements là où ils étaient. Mais cela revint vite, il était bilingue après tout. Et il sourit, satisfait de l'intervention de sa camarade. C'est en français qu'il lui répondit, en l'honneur de ses origines françaises.
-Oui, c'est moi.
Sourire en coin, son coeur battait plus fort. Elle se souvenait de lui. Finalement, peut-être avait-il eut une quelconque importance dans sa vie. Il l'espérait, même un tout petit peu. Mais il fallait qu'il trouve autre chose à dire, et ne pas rester sur une conversation silencieuse. Le ciel de cette nuit se prêtait à tous les sujets, et il prit celui qui lui venait de suite à l'esprit.
Alors dis-moi Pandore, le Nightmare, ça te réussit ?
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mer 9 Mar - 21:21
Laisser couler les choses… Sans s’emporter. C’est confier chacun de ses pas au hasard, s’enfouir sous les draps d’une incertitude, savourant notre destin pour son unique qualité : celle d’être imprévisible. Elle toisait le garçon avec intérêt, puis lassitude. Ne sachant sur quel pied danser. Il y a des situations qui, ordinaire d’extérieur, déchaine en vous plus de tempête que la plus intense des insultes. Une foule de questions s’amassent alors dans le hall de votre raison. Repousse, comme elle le peut, les murs d’acier qu’ont formé ces années d’enrichissement. Vous n’êtes plus rien, si ce n’est la parcelle d’une entité, maintenant piégée par les remous de son cœur. Là, simple cible face à vos ressentit, vous vous inquiétez sans beaucoup de conviction. C’était sans doute approximativement ce que pouvait ressentir à présent la jeune fille. Mais pas exactement. Il y avait aussi de l’ennui. Inévitablement, elle ne s’amusait pas. Pas en permanence. Ce n’était pas une joie continue, elle avait ses arrêts, ses pauses agaçantes.
« Ahah ! Le Nightmare… »
Une mèche, infime, s’était nichée sur le bord de sa lèvre, prêt de la commissure de ses lèvres. Ce minuscule fil donnait à son expression songeuse des airs de lamentation. Qui s’évaporèrent quand elle afficha un long sourire. Pas excentrique. Juste un de ces sourires qui vous signifient qu’on est déterminé. Fin prêt.
« Point…Ce n’est point…Comme il aurait fallut que ça soit. A dire vrai ta rencontre à été ma plus proche entrevue avec la Nightmare. Seules tes paroles m’en ont un tant soit peu rapprochée. Je ne l’ai ni fréquenté, ni même recherché. Je suis restée… »
Sa voix se stoppa net. Restée ? Quoi ? Ah… Grande question. Elle ne savait même plus comme éviter l’évidence. « Je suis restée inactive, stupide, immature. ». Ca ne le regardai pas, ses petits problèmes existentiels. Pandore n’appréciait pas qu’on puisse se mêler de ses affaires. Ses convictions ne concernait qu’elle, son rythme de vie avec. Elle laissa le temps suspendre cette conversation d’un long silence. Un silence calme, presque léger.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Jeu 10 Mar - 18:10
L'air pensif, Kay ne regardait même pas la beauté qui était à ses cotés. En fait, il regardait une beauté bien différente, la nature. Ses étoiles si lointaine, et pourtant si proche, qu'on pourrait les attraper avec ses doigts si on le voulait. mais c'était idiot d'essayer, car on sait bien que l'on attraperait que du vent. Alors, on ne peut qu'imaginer, espérer ...
Il écouta néanmoins la jeune femme. Apparemment, le Nightmare ne l'intéressait pas plus que ça. Ou alors, elle n'avait pas eut l'occasion d'en savoir plus, de chercher plus dans ce sens. Mais cela ne regardait pas Kay, et il le savait. Il se contenta d'un conseil à deux yens :
-Ecoute ton coeur ... Il a toujours raison.
Il sourit à la jeune femme. A leur première rencontre, il était encore rang F. Aujourd'hui, rang E, il se disait que rien n'avait changé. Les filles ... Il était toujours déstabilisé en leur présence. Il se redressa légèrement, et fit un clin d'oeil à la demoiselle.
-Tu voudrais te promener un moment sur la plage ?
Oui ou non, quel qu'en soit la réponse, Kay allait rougir. Il le savait, et se préparait intérieurement à subir l'assaut des paroles qu'elle prononcerait. Il se prépara aussi à retirer ses ATs. Après tout, il préférait être au calme, plutôt que le son constant des air trecks. Sans compter que sur la plage, le sable enrayerait les roues et se serait la merde de tout nettoyer.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Dim 13 Mar - 12:54
Ecouter son cœur… Quelle futilité. »
Pandore fixait Kay. Son intention tout entière détaillait les moindres tremblements de son corps, les mouvements flous qu’effectuaient ses cheveux sous la brise, jusqu’à même sa pomme d’Adam se soulevant à chaque bouffée d’air chaud. C’était une conversation qui avait de l’intérêt. Elle se perdait à chaque nouvelle phrase dans une marée d’informations superflues, et à la fois si essentielles. Libération d’une multitude de sentiments retenus, à présent disséminé dans l’air lourd d’une fin de journée. Pourtant, Pandore se sentait bien. Très bien. Elle ne sentait plus un anneau étriquer le cercle de sa poitrine et étouffer peu à peu tout sentiment de joie ou d’euphorie.
« Ecouter…Mon cœur ? On se connait encore trop mal, mon garçon. »
Elle lui rendit son sourire, un air animal collé aux babines. C’était une façon détournée de dire… « Je ne peux plus l’écouter, mon cœur. ». Elle passa sa langue, rapidement, sur ses lèvres gercées. L’odeur du sel parvenait à présent jusqu’à ses narines. Hm. La mer. L’allée presque alabastrine qui menait au remous des vagues fouettait le regard de la demoiselle. Supplications. Oui, elle avait vraiment envie d’hurler pour se jeter dans l’eau. Puis sentir la glace lui geler la peau pour qu’enfin, lorsque le froid serait devenu trop puissant, une sensation intense de chaleur lui picote la peau. Ah, hm. L’extrême…N’y avait-il donc que ça pour qu’elle savoure ses instants de vie humaine ? Au diable les questions ! Elle lui adressa un clin d’œil, réponse pure et simple à celui que le jeune homme lui avait envoyé auparavant.
« Et comment ! On y va ? »
Après tout…Elle était en âge de s’abandonner à des promenades nocturne, sans devoir pré venir qui que ce soit. Elle s’assumait. Alors pourquoi n’avait-elle jamais profité de cette délicieuse liberté ? Cette évasion permise par la seule disparition de l’autorité parentale… Elle réalisait à présent combien de soir, combien de nuits profondes, l’idiote qu’elle était avait bien put rater depuis son arrivée. Elle ne se laissa pas envahir par une sensation profonde de regret et de colère, celle-là même qui est caractéristique du moment où l’on s’aperçoit de nos erreurs et qu’on ne peut plus y remédier. Il était temps de rattraper le temps perdu. Enfin.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mer 23 Mar - 6:33
Elle paraissait heureuse de la proposition de Kay, et cela le réjouissait un temps soit peu. Souriant pour lui même, il se déchaussa de ses engins de guerre, retira les magasines qu'il avait aux tibias et commença à prendre la direction de la plage, s'avisant qu'elle le suivait bien. Si la vie était courte, les bons moments le sont encore plus, alors il ne fallait pas gâcher ses occasions uniques !
Il avançait désormais dans le sable assez fin de cette nuit dont il regardait les étoiles. Et quelles belles étoiles. Brillantes et intouchables, tout ce dont rêvait Kay jour après jour. Il ne savait pas trop quoi dire, de quoi parler. S'il était ouvert à tout sujet, il ne savait pas quels étaient ceux de la belle. Du coup, il préféra parler rapidement de lui espérant que le sujet passera à autre chose de lui-même.
-Moi, je m'améliore tous les jours avec mes air trecks, alors j'ai pensé travailler dans ce domaine. Je pense ouvrir une boutique d'air trecks. Tiens, et toi, tu voudrais faire quoi ?
Désolé du temps de réponse et de la longueur, je suis pas vraiment présent en ce moment, ça ira mieux dans deux semaine je pense. Bon courage
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Jeu 24 Mar - 18:24
Pied nu, le sable découvrait sa consistance granuleuse. C'était une sensation agréable, et Pandore se sentit beaucoup plus libre. Le ciel, hétérogène donc criblé de nuage, dissimulait l'éclat de la lune et offrait aux deux jeunes une luminosité moindre. Néanmoins, à travers les mince filet de lumière, la demoiselle parvenait à détailler son interlocuteur et à soutirer de son visage l'expression de tranquillité qui s'en échappait. Il est toujours sympathique de constater que les gens qui nous croisent apprécient notre compagnie. Elle n'aimait pas ennuyer les autres. C'était s'étouffer dans une bulle dépourvue d'oxygène... Une sorte d'ambiance oppressante où chacune de ses paroles claquaient dans le vide et ne trouvaient de réponses que dans ses propres réflexions. Bref, un échange à sens unique. Désagréable.
- Ah ouais ? Interessant... C'est une idée qui correspond bien à ta passion, je trouve. C'est cool.
Elle lui adressa un sourire. Elle ? Ah... Elle.Je t'avoue, je sais pas trop. Me replonger enfin dans le "Nightmare", ce monde dont tu m'a parlé. Mais... Mais ce n'est pas aussi simple. Entre le désir et ce qui résulte de nos actes... Une frontière épaisse s'était construie. Comme si chacun de ses actes, de quelque nature aient-ils étaient, s'était retrouvés muré dans une inutilité affolante. Elle lançait à Kay des regards vide de sens... Tantôt las, tantôt captivés. Il pourrait l'aider. Hein. C'était un espoir a avoir, mieux que rien.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mer 30 Mar - 12:45
Le doux son de la mer résonnait sur toute la baie, les vagues venant s'abattrent délicatement contre un sable fin et encore chaud d'une journée assez banale. Kay se sentait léger et pourtant si lourd. Il n'avait pas retirer ses poids, et il se sentait s'enterrer lorsqu'il marchait dans le sable. Même s'il espérait échapper au Nightmare cette nuit en charmante compagnie, il y avait apparemment une force bien supérieur qui n'était pas du même avis. Il aurait pourtant aimé avoir une journée tranquille, mais non.
Il se dirigea inéluctablement vers le bord de l'océan, jusqu'à ce que ses pieds commencent trempette. Il se tourna vers Pandore qui ne trouvait pas ses mots. Avait-elle besoin d'aide ? Ou ne voulait-elle justement pas que l'on interfère dans sa vie ? Dans le doute, Kay resta lui même :
-Il y a, dans ce monde, plein de chose dont on ignore jusqu'à l'existence même. Es-ce qu'il faut pour autant chercher ses choses inconnus ? Certains le font, d'autres ne veulent pas par peur, et d'autres n'y croient pas. Sans compter ceux qui s'en tapent un maximum. Ce que je veux dire, c'est ...
Son expression devenait de plus en plus apaisante, comme un enfant réconfortant une personne plus âgé. Son sourire était quant à lui bien celui d'un ado sûr de lui, à la fois sérieux et heureux. Les yeux fermés lui donnaient un air encore plus angélique, bienveillant.
-... C'est qu'il faut que tu fasses ce qu'il te plait. Peu importe si les autres trouvent ça débile ou qu'ils s'en tapent, si c'est ce que toi tu aimes, alors vis le à fond, et ne regarde pas derrière toi. Avance, et soit heureuse.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Lun 11 Avr - 10:41
Newborn.
Elle suivait ses pas, consciente que leur discutions était un moment privilégié. Extrait de l’espace temps d’une capitale pressée, stressée, angoissée. Ses pieds nus lui donnaient la drôle impression de ne faire qu’un avec son aventure. Être en corps avec la nature… C’était risible, ici. Il n’y avait, sur de longs kilomètres, que les tableaux déprimants des bâtiments de la ville. On n’imaginait plus qu’à une époque, ici-même, de ridicules cabanes en bois avaient abrité une civilisation. Il n’y avait pour toute trace du passé que la mer, fidèle à elle-même, quoique surement elle aussi tronquée par les infrastructures nouvelles. Elle soupirait de temps à autre, non pas pour ponctuer le dialogue d’un sentiment d’ennui, mais pour extraire de son corps les derniers souffles de doutes. S’expier de toutes ses pensées… Afin de mieux s’enticher de celles de Kay. Elle souriait. Ses pieds glissèrent indistinctement dans la mer, eux aussi, et elle eu bientôt de l’eau jusqu’au mollet. Glacée. Sa peau lançait à son cerveau des piques d’insatisfaction : comme une multitude de fourmis rampants sous a peau. Mais cette sensation désagréable ne la gênait pas : au contraire, cette infime douleur l’enfonçait un peu plus dans ses convictions. Sa résurrection avait lieu maintenant.
« C’est une jolie façon de voir les choses, mon garçon. »
Elle lui adressa un sourire carnassier. Comme une bête qui se léchait les babine, Pandore détaillait l’adolescent avec ironie. Un éclat presque railleur avait noyé ses yeux et reflétait sur ce grand enfant un panel de sentiments contradictoire. Si Kay avait voulut savoir ce que Pandore cherchait à lui indiquer en réagissant avec autant de malice, il lui aurait été impossible de réellement y parvenir. Actuellement, la jeune fille se plaisait pas mal à dérouter son compagnon. « J’ai envie de te manger. » « Tu m’exaspères. » « Un jour on s’entre tueras. ». Milles solutions…Après tout, n’étaient-ils pas, de plus en plus, voués à devenir ennemis ? Si la demoiselle tendait à s’immerger dans les méandres de la nuit, ne seraient-ils pas, comme tous les autres, amenés à s’entre-dévorer pour une place plus reluisante ? Ces idées de combats la dégoutaient. Elle aurait put volontiers, et sans aucune difficulté, se laisser happer par l’idéologie de violence de ce monde inconnu. Après tout, n’était-ce pas là les plus bas instincts de l’homme ? Mais c’était autre chose que Pandore était venue chercher en chaussant ses air-trecks, il y a quelques mois. Plus qu’une représentation dérisoire de la souffrance et de la lutte…Elle voulait obtenir un savoir. Que personne d’autre ne parviendrait à acquérir. Elle voulait surplomber les autres non pas par supériorité physique mais par l’excellence de la science. C’était, selon elle, la seconde clé pour la porte de la victoire.
« Et toi, alors ? Tu vis comme ça ? Au jour le jour, à faire ce qui te plait ? Mais faire uniquement ce qui nous plait..N’est-ce pas faire preuve d’un égoïsme démesuré ? D’une immaturité certaine ? On m’a tant répété que l’âge adulte impliquait des obligations...Après tout, peut-être que tu ne t’es pas encore rendu à ce stade de ta croissance. Peut-être es-tu encore assez jeune pour rêver sans te soucier du monde extérieur. Mais pour ma part, je crois que aussi délicieux cela puisse être, cette ligne de conduite ne mène à rien. »
Négative. Pandore n’aimait pas jouer les vieilles acariâtre, trop consciente des difficultés engagées par la société. Elle-même, en réalité, n’avait pas vraiment conscience des problèmes qu’elle rencontrerait plus tard. Elle s’auto-considérait comme une enfant. Elle fuyait les responsabilités –pourtant minimes !- qui l’incombait. Tout, mais pas la vieillesse. Pas la mélancolie du quotidien, et l’irascibilité des tâches habituelles. Sourire. Elle regarda Kay dans les yeux, soudainement très certaine de ce qu’elle attendait de lui. Elle se rapprocha discrètement de ce dernier. La proximité de leurs corps… Le souffle léger du vent…Les effluves salées de l’océan et… Brusquement, elle le poussa dans l’eau. Eclatant de rire avec spontanéité –chose rare de sa part-, elle alla s’échouer à son tour dans l’épaisse marée verte.
« Ou sinon, on peut effectivement profiter de la vie jusqu’à s’en noyer les poumons, hein ?! »
Elle fit mine de nager avec menaces vers lui, prête à s’engouffrer dans l’eau pour le tirer par les pieds. Une chose était certaine : elle aurait la crève en rentrant.
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Mer 27 Avr - 15:02
On imagine rarement ce que pouvez être sa vie si on n'avait pas rencontrer tel ou tel personne, mais Kay était de ce genre de personne qui se posait ces questions insensé. Il cherchait une signification à chaque chose, qu'elle soit scientifique ou divine, il cherchait une réponse là où aucune question ne prenait racine. Cependant, les questions de sa partenaire, il pouvait y répondre. Mais avant même d'avoir put ouvrir les lèvres et laisser s'échapper les sons qui le titillaient, il se retrouva inéluctablement à la flotte, repoussé par la belle demoiselle.
S'il avait voulu lui répondre, il se dit que finalement, le silence en dirait plus long sur le situation que des paroles dont lui même n'était pas sûr du sens profond. Il préféra se mettre à nager, le coeur lui remontant à cause de la fraicheur glaciale de l'eau en ce début de soirée. Il voulait bel et bien jouer lui aussi, mais comment jouer avec quelqu'un de cet âge sans avoir d'idée déplacée ? Si seulement Pandore avait eut l'âge de sa soeur, il aurait sans problème trouvé de quoi s'éclater, mais les personnes de son âge, il n'avait pas vraiment l'habitude.
Alors, il se laissa entrainé dans le jeu de la belle. Elle semblait d'attaque pour le noyer, et il ne se défendrait pas plus que ça. Au moment où elle attrapa sa première jambe, Kay prit une impulsion pour à son tour lui sauter dessus. Il se laissait emporter au fond par la demoiselle, mais il l'emportait elle aussi, histoire de ne pas être le seul à souffrir de la fraicheur de l'eau, sous cette lune magnifique qui brillait au loin, sous la surface de l'eau. En effet, on pouvait apercevoir un peu plus loin le reflet de l'astre lunaire sous la surface de l'eau, ondulant au gré des vagues et du bon vouloir de l'écume.
Après quelques secondes, longues secondes qu'elles furent, Ils remontèrent à la surface, presque collé serré, si ce n'était qu'ils s'arrachaient les vêtements plutôt que de se serrer l'un contre l'autre. Ouvrant légèrement un oeil, s'essuyant adroitement de la main gauche, il aperçut alors la beauté bien européenne qui lui faisait face. Le problème, c'est que si les cheveux mouillés et ondulant de la belle le faisait vibrer au même rythme que les vagues de la mer, il ne put néanmoins s'empêcher d'abaisser son regard un court instant sur la poitrine fort bien dévoilée de la demoiselle. Et même avec toute la volonté du monde, il n'arrivait pas à s'excuser pour son geste. S'était venus tellement naturellement et sans aucune pensée perverse qu'il ne pouvait pas s'en excuser.
Il releva les yeux, légèrement rouge, à la fois de honte et d'envie, il se gratta l'arrière de la tête. Il se disait qu'il paraissait sûrement idiot. Mais bon, il avait l'habitude. Il se contenta de toquer sur la tête de la demoiselle en lui disant qu'elle était bête de se baigner habiller !
Sujet: Re: face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE] Lun 9 Mai - 15:01
Wet.
L’eau était sombre, hostile. Mais dans cette apparente mare salée, les deux jeunes gens échangeaient un agréable moment. Loin de l’air frais du dehors, Pandore nageait sous une épaisse gélatine chaotique, où ses yeux trop sensibles faisaient défaut à ses sens en alerte. C’était néanmoins dans ce genre de situation désespérée, où plus rien ne réponds si ce n’est vos papilles dégoutée par l’âpreté de l’océan, que la demoiselle se sentait vivre. Elle s’amusait. L’anonymat, la dissimulation, le secret, toutes ces caractéristiques qui ravissaient tant Pandore s’étaient fondues en un seul et même bloc. Elle chassait le jeune homme avait hâte, petite fille capricieuse dans le besoin de remporter une manche de « touché-coulé ». Ils durent tout deux boire la tasse une bonne dizaine de fois quand, dans une proximité presque trop intime, ils regagnèrent la surface. Toussotant, son premier réflexe fut de s’écarter de lui en titubant.
Elle se frotta les yeux –mauvaise habitude, reflexe humain stupide- et tenta de les rouvrir. Le sel les avait gonflés, et donnait à la rideuse quelques difficultés. Profitant de son propre handicap, elle préféra respirer un grand coup. L’air sembla lui nettoyer les poumons, comme la menthe du dentifrice réveille votre gencive, Pandore eu l’impression que la moindre parcelle organique de ces derniers venaient de se geler. Eternellement. Mais ce ne fut pas douloureux, au contraire. Elle laissa cette sensation inédite appuyer sur son corps, et, s’y habituant, put enfin rouvrir les yeux. C’est à cet instant précis que Kay lui tapota la tête. Surprise, elle recula avant de retomber fesses la première dans la mer. Ah, génial. L’air maligne, elle s’empressa d’arranger sa tenue en superposant les tissus abimé de son teeshirt au niveau de sa poitrine. De cette façon, seul son ventre restait dévoilé : elle se sentait derechef sécurisée par ses barrières en tissu. Elle fixa de loin les rives industrielles de la Baie et remarqua qu’à l’endroit d’où ils étaient partis pour s’enfoncer dans le sable, trônait toujours son pull. Joie ! Elle tira la langue au garçon, exaspérée autant qu’amusée par ses sermons. Elle n’aimait pas le contact physique avec les inconnus –ou simples connaissances. Mais le bon quart d’heure qu’ils venaient d’échanger suffisait à pardonner ce problème : elle passa outre pour se glisser vers le sable.
« Soit dis en passant, tu es aussi bête que moi !rétorqua-t-elle, tandis que dans ses yeux dansaient des reflets sans fonds. Amusement notoire. »
Elle s’étira, sa bouche extirpant un long et régulier bâillement. Fatigue. Elle qui fumait redécouvrait l’oxygène sous une autre saveur. Le ciel, chance ou pur cliché romantique –ce qu’elle ne souhaitait pas- était découvert. Elle s’en réjouissait. L’astre céleste était sans doute le paysage le plus agréable donné à voir : il scintillait, mouvementé par des constellations mortes il y a surement des années. Une sorte de porte ouverte sur le passé, le futur, le présent. Dimension étudiée, débattue, disputée. Cause de conflit ou de mystère… Il y avait tant à en dire que même elle, songeuse et perspicace, ne trouvait le bout de telles pérégrinations. En réfléchissant à toutes ces données, elle saisissait un peu plus l’étendue des motivations possibles pour rentrer dans le Nightmare. Il n’y avait aucune fin à cette aventure. Le ciel avait et serait toujours le symbole des eternels des chimères humaines : vagues désirs à jamais suspendus dans l’insatisfaction… C’était le cycle de l’histoire, la thèse des Lumières. Elle toussota légèrement, puis son visage s’échappa de ses rapides émotions : à nouveau, Pandore s’enfonça dans son caractère placide. Elle demeura silencieuse, sans bien savoir si elle attendait de Kay des paroles, ou si son cœur autoritaire quémandait le calme nécessaire à toute évasion illusoire.
Le songe d’une nuit d’été.
face à la baie ; on entends le chant des sirènes. [LIBRE]