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 La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]

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Uteki Ravenheart



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MessageSujet: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Ven 20 Jan - 23:44

Combat de principes


    Le Nightmare régnait en maitre sur la ville à cette heure avancée de la nuit. Uteki surplombait les toits de son regard enfantin. Pourtant elle n’était pas réellement là pour s’amuser. Elle était là pour l’amusement en général. Un fantôme du passé était de retour dans le monde de la nuit. Un Fear Rider, celui qui impose la peur et qui se bat avec l’adrénaline. L’exact opposé de la jeune fille. Elle ne connaissait pas cette route pour le moins violente avant que ce rider revienne.

    Il s’appelait Chorion et c’était un rider de rang B. Ce n’était pas la première fois que la jeune fille s’attaquait à un rang supérieur mais ce combat risquait d’être l’un des plus durs qu’elle avait vécu. Pourquoi me diriez-vous alors ? Tout simplement parce que ce rider, de part sa nature même, une insulte envers la vision du Nightmare d’Uteki. Elle se devait d’affronter cet homme pour prouver aux autres, et a elle-même qu’elle est dans le droit chemin, que sa vision était juste.

    Elle jouait gros ce soir. Elle lui avait donné rendez-vous sur les toits du quartier d’Ueno. C’était un tête-à-tête. Les Anarchy Angels ne seraient pas mis en cause. C’était une confrontation d’idéologie mais c’était aussi une affaire privée pour la jeune fille. C’était son combat et elle le mènerait seule.

    Le matin où elle avait appris la nouvelle, elle lui avait envoyé un message via le Nightbook pour convenir du défi. C’était un Air. Le premier à toucher le sol du quartier serait le perdant. Simple et efficace mais pas pour autant facile, cet endroit regorgeait de plateformes et d’escaliers pour se réceptionner.

    C’était l’une des raisons qui l’avaient poussée à choisir ce lieu. La chance n’aurait pas sa place, ils se battraient jusqu'à l’épuisement. Seule la conviction la plus forte sortirait vainqueur de cet affrontement. Uteki était en avance, à son habitude, elle s’imprégnait de l’air qui balayait le champ de bataille.

    L’heure allait bientôt sonner. Elle connaitrait la vérité sur l’avenir du Nightmare. Qui de la peur ou du rire gagnera ? Elle donnerait tout pour ses convictions mais serait ce suffisant ? Était-elle à la hauteur de ses propres exigences ? Toutes ces questions qui l’avaient hanté toute la journée se retrouvaient enfin emportées comme un fétu de paille par les bourrasques qui soufflaient sur les toits en cette nuit.

    Voila que l’heure est arrivée et il est là. Le duel va commencer. La fille de la pluie avait laissé son sourire d’enfant pour un sourire plus adulte et bien plus carnassier. Le jeu allait commencer pour le meilleur, et surtout pour le pire. La lune serait le témoin à nouveau d’un combat de la jeune Cloud rideuse. Mais c’était certainement l’un des plus significatifs, un combat contre la peur elle-même.

    Elle n’en pouvait plus, la tension qu’elle sentait dans ses muscles devait prendre fin. C’est pour ca qu’elle lança le départ aussitôt que Chorion fut à sa hauteur.


    « Bienvenu Chorion, que le combat commence ! »

    La température allait baisser ce soir c’était certain mais qui serait la cause de cette chute ? Le gout de la peur ou les manèges d’Uteki ? Vous le saurez bien assez tôt.
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Chorion W.
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MessageSujet: Re: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Mer 25 Jan - 7:40

La fragrance si délicate d'une fleur se fanant aux abords de la nuit. Peu à peu, les pétales dorés de la ville sombraient dans le néant, et le crépuscule achevait cette éphémère beauté dans un élan de compassion. Loin au dessus des anges, perché au sommet même de son monde, le fear rider contemplait la faune viciée de la nuit, qui commençait à sortir de sa torpeur. Voir la fourmilière s'agiter sous ses pieds était un spectacle qu'il avait toujours apprécié, même avant. Mais à peine les créatures du Nightmare s'éveillaient que son insatiable besoin de violence reprenait le dessus. Il n'était à présent plus qu'habité par cette étrange force obscure qui guidait ses actes. Il avait perdu toute innocence au creux des ténèbres et payé de son âme pour se hisser à nouveau parmi les vivants du monde de la nuit. Un constat pathétique qui le laissait étrangement songeur. Il n'avait rien perdu de ses aptitudes à digresser sur l'état commun des choses durant ces trois années, mais sa vision avait muri. Il était devenu plus exigeant, plus cinglant. Nulle retraite, nulle sédition. Il sentait déjà le frémissement de sa tendre compagne lui froisser les ailes. Il sentait le fil de sa faux chatouiller ses veines à chaque pas. Et cette timide étreinte, pourtant si enivrante, le laissait fébrile. Il ne vivait quasiment que pour ces instants perdus où la peur se mélangeait à l'excitation, et où toute notion d'humanité se perdait dans les méandres si complexes de son orgueil. Lui qui jubilait autrefois à sa propre annonce, l'unique fear rider, l'homme sans peur. Ah, quelle version étriquée de sa personne. Il n'était qu'un minable stormrider parmi les autres, un être si futile qu'il n'avait aucun impact dans les ombres mouvantes de la nuit. Et pourtant, il marchait dans ce chemin damné sans se poser une seule question, seul le sang versé comptait. Seule la chute des tyrans en résulterait.

Mais il n'était pas sans peur. Non, la peur était l'essence même de sa force, de ses faiblesses. Il était un contraste étonnant qui alliait les deux pour mieux surpasser la condition humaine qui limitait tant les autres créatures de cette grande cavalcade. Assis au sommet d'un bâtiment, confortablement installé sur une gargouille, il se riait de tout cela, caressant timidement le fourreau de son arme. Même s'il se gaussait de ce monde et de ses principes, même s'il désirait mettre à bas toutes ces absurdités, il ne pourrait s'y résoudre qu'en suivant les règles du jeu. Car ce n'était qu'en détruisant ce Tropaïum dans les règles de l'art qu'il pourrait mettre les rois à terre. Il avait autrefois touché du doigt ce but, caressé pour mieux se le faire dérober. Mais les ténèbres l'avaient recraché, changé et ravagé. Serait-ce là sa vengeance ? Non, il n'y avait pas de vengeance qui tenait, seulement le carnage et la destruction. Et la terreur. Primale, indomptable. Autrefois, il s'aventurait en de tels lieux pour le plaisir du risque et le goût de l'extrême. Autrefois, il avait aimé sentir le vent souffler autour de lui, et le vide l'avaler. Seulement, à présent, peut être que le Bloody King avait changé sa vision du monde, avait teinté de sang ses convictions. Toujours était-il que seul la mort était apte à impressionner le Fear Rider, la mort et un adversaire de taille. Ainsi, il se refusait de dénigrer les parties où il partait avantagé. Tout comme lorsqu'il avait défié le Thunder King, et l'avait mis à mal. Personne ne l'en aurait cru capable, et pourtant il l'avait fait la défaite n'était pas absolue, et il l'avait bien prouvé. De ce fait, même s'il aspirait à plus de grandeur, à la destruction d'une entité encore plus grande que les rats qui grouillaient à présent dans les rues de Tokyo, il ne se contenait pas de rester là, à regarder. Les défis étaient comme une drogue pour lui, et toute occasion de remettre en question ses capacités était un jeu qui en valait la peine. Et puis, il y avait longtemps qu'il n'avait pas fait couler le sang sans devoir y laisser une partie du sien.

Uteki Ravenheart. Anarchy Angels. Ce nom ne lui était pas inconnu, certainement un des petits riens d'antan qui avait su se démarquer et imposer son ride aux autres. Tout comme cette team. Peut être l'avait-il combattue, peut être pas. Après tout, c'était dérisoire. Ce qui importait, c'était le combat qu'elle lui imposait : un air, soit la discipline dans laquelle il était le moins doué. Lui, qui s'était arraché les ailes pour rester là à contempler les anges et les ramener à terre avec un malin plaisir. Fort heureusement, ce n'était pas une bataille conventionnelle. Le premier à toucher le sol du quartier ... il avait vu des compétitions plus ardues, ce n'était qu'un combat déguisé. De toute manière, il n'aurait pas envisagé les choses autrement. Tout ce que cela signifiait, c'était qu'il n'y aurait pas de morts ce soir. Les règles, encore et toujours les règles. Non, c'était un défi. Considéré sous cet angle, la chose devenait bien plus amusante. Le Fear Rider laissa de nouveau son esprit vagabonder vers les méandres malsains des rouages de sa psyché, à tel point que ce fut l'alarme de son téléphone qui le tira de ses songes. Il n'était pas autant nonchalant autrefois, même l'étincelle de ce combat n'arrivait pas à le motiver. Son premier combat en Parts War depuis son retour ... n'était-ce pas suffisant pour lui ? À croire que non. Il voulait Black and White, il les voulait eux. Et tant qu'il n'aurait pas fait de nouveau sa place au sein de ce Nightmare, il ne pourrait espérer les approcher. Il était là comme un gosse, aveugle et se débattant dans le noir. La donne avait changé, ses camarades s'étaient repus de sa chute et étaient devenus les maîtres de la nuit. Et ainsi, ils avaient signé leur arrêt de mort.


Elle était là, elle le dévisageait d'un air trop naïf pour être mesuré. Il sentit ses traits se crisper, son regard se river sur son costume immaculé. Mais sans un mot, il la toisa, prenant de haut cette minuscule fillette. Il desserra son nœud de cravate, laissa couler sa veste à terre. Machinalement, le Fear Rider releva les manches de sa chemise bordeaux, révélant les remugles de ses anciennes conquêtes. Sa peau, marquée à jamais, trahissait son audace et sa force conséquente. Malheureusement pour Uteki, sa hargne n'était pas de celles qui s'étouffaient avec le temps. Elle ne prenait que plus d'ampleur à la tombée de la nuit, et l'environnement de la parts war ne faisait que lui rappeler cette fatidique nuit. La nuit où Akito lui avait gravé l'essence même de la terreur à même la chair, pensant arrêter là son cœur et sa vie. D'un geste vif, le stormrider fit glisser sa cravate hors de son col et l'envoya se perdre dans le vide, louvoyant sous un vent glacial. Aussi blanche que son costume, elle fut avalée par l'obscurité, triste présage quant à la suite des événements. Un sourire acéré se dessina sur les lèvres du jeune Wanijima, alors que son adversaire le dévisageait, jaugeant cette pathétique imitation d'humain qu'il était. Un frisson anima sa carcasse alors qu'il avançait vers elle et, une fraction de seconde, l'image de l'ex-bloody King se substitua à elle. Son coeur manqua un battement, et il se rappela soudain ce qu'il s'était juré lors de ses premiers jours. Vis chacun de tes combats comme le dernier. Et il se mit en position, tirant de ses poches deux gants irisés. Quiconque l'avait déjà affronté aurait reconnu ces objets, faisant partie de son ancien équipement. Les lames avaient été fracturées lors d'une de ses dernières parts war, seule cette pièce restait encore en état. Les mailles recouvrant le tissu étaient mêlées d'acier et de titane, avec un isolant en carbone ajouté après son combat contre Nue. Leur utilité ? Aucune. Seulement une légère protection pour ses mains, et ainsi il s'assurait une dégaine à faire frémir.

"Soit. Essaye de me mettre à terre avant que je ne te brise les jambes."
répliqua-t-il alors que son adversaire se mettait en mouvement.

Il n'aurait aucun scrupule à frapper une femme, qu'elle se le tienne pour dit. De même, il affichait clairement son intention : lui faire toucher terre n'était qu'un bonus. Ramenant ses bras près de son corps, il laissa un nouveau frisson lui parcourir l'échine. Ne jamais sous-estimer son adversaire. Il sentait le sang battre dans ses mains et son coeur accélérer le débit. Le temps qu'il ne s'en rende compte, le combat avait déjà commencé, mais il gardait toujours cet étrange sourire. Non pas que battre était une condition intrinsèque à son existence, mais il renouait avec de vieux principes. L'adrénaline affluait dans son corps entier, tout comme chacun de ses muscles se préparer à l'action. Beware, Fear Rider is coming.

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Uteki Ravenheart



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MessageSujet: Re: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Sam 4 Fév - 12:40

Au bord du précipice...


    Puissance. C’était ce qui s’échappait de cet homme. Sans même que le gong sonne le combat avait déjà commencé. Elle ne pouvait plus reculer et ne devait absolument pas céder à la peur. Il comptait lui briser les jambes ? Qu’il essaye, elle ne serait pas vaincue pour autant. Elle mettrait toutes ses ressources en jeu pour lui rendre la tache aussi ardue que possible.

    La menace de Chorion avait produit l’effet totalement inverse à celui qu’il devait sans doute espérer. N’importe qui aurait fui, terrifié, mais pas Uteki. Il n’avait que renforcer la détermination de la jeune fille. Son regard se durcit. Elle n’avait pas beaucoup de marche de manœuvre mais quoi qu’il en soit elle ne le laissera pas faire d’elle son jouet. Le vent balayait toujours les toits, comme s’il hurlait que l’attente avait assez duré et qu’il fallait passer à l’assaut. Instinctivement elle fouilla dans sa poche et sortit ses Abstract Former. Elle ne comptait pas les utiliser pour cette bataille mais l’impression qui se dégageait de cet homme ne lui inspirait rien de bon et elle préféra s’en équiper pour ne pas être prise de court si jamais les attaques de ce combattant devenaient trop dures à éviter et à encaisser.

    Son impression se confirma, lorsqu’il retroussa ses manches elle put admirer, l’espace d’un instant, un nombre impressionnant de cicatrices. Il avait nettement plus combattu qu’elle. Un point pour lui. Mais ca ne voulait pas dire qu’elle n’avait pas ses chances. Elle était l’une des uniques rideuse de la Cloud Road, elle réservait donc bien des surprises à ce rider. Il n’allait pas être déçu, pour sur. La nuit ne faisait que commencer après tout.

    Il était temps de se lancer, quelque soit l’issu de ce combat cette immobilité risquait de donner a Chorion une supériorité de taille. Elle était plus frêle physiquement mais sa mère la pluie combattait a ses cotés. Elle allait lui montrer que la peur ne vaut rien face au froid mordant de son jeu.

    Elle se devait de porter la première attaque, après tout c’était elle qui avait lancé le défi. C’est donc avec un sourire cruel qu’elle se jeta a l’assaut. Une attaque frontale, ca pouvait paraitre idiot comme acte, mais elle avait une idée derrière la tête et puis un peu de provocation face à la peur, c’était du Uteki tout craché.

    Ce qui ne semblait qu’un détail, alors qu’elle se ruait sur Chorion, avait pourtant toute son importance. La température venait de perdre quelques degrés. Un changement infime, et pourtant ô combien annonciateur de ce qui allait suivre. En plein saut elle bascula le poids de son corps de façon à ce que sa chute soit encore plus rapide et que donc lors de son atterrissage sur le toit où se trouvait son adversaire elle ne soit pas pile à sa hauteur.

    Pourquoi se placer délibérément en position désavantageuse me direz vous ? Pour une raison simple, le toit sur lequel se tenait le Fear Rider était incliné, de ce fait en arrivant un peu plus bas elle pourrait mettre à exécution son plan. Une idée bien étrange et non sans conséquences, mais elle s’en moquait, elle se devait de gagner pour sa mère et ses convictions. La peur n’avait pas sa place dans le cœur de la jeune fille, sa détermination avait tout balayé.

    A peine eut elle atterrie qu’elle entama la phase deux de son plan, l’attaque à proprement parlée. Elle activa ses Abstract Former. La poche, que Leype avait appelée piscine, était déjà remplie d’eau, ainsi lorsque la roue qui composait l’autre partie du gant se mit à tourner a plein régime la pression chuta, ce qui permit a Uteki de créer de la glace sur ce qu’elle touchait. Et que touchait-elle à l’heure actuelle ? Juste avant cette activation elle ne touchait que des tuiles, mais lorsque le mécanisme se mit en marche elle agrippa fermement les chevilles de son adversaire.

    Immédiatement la glace commença à s’emparer du Rider. Elle devait faire très vite, plus les secondes s’écoulaient plus l’effet de surprise se dissiperait et elle se trouvait dans une position excessivement vulnérable. Malheureusement le processus était trop long pour qu’elle s’en sorte sans la moindre égratignure. Le temps qu’elle réussisse à geler les jambes de Chorion et juste avant qu’elle n’entame la phase trois de son plan, il commença la contre-attaque.

    C’était douloureux. Il était extrêmement puissant, bien plus que ce qu’elle ne le pensait mais ca ne l’arrêterait pas. AU bout de quelques secondes qui parurent interminables la fille de la pluie venait de réaliser son objectif : empêcher son adversaire de bouger ses jambes, c’était comme si par l’action des Abstract Former elle l’avait fait fusionné avec le toit qui lui aussi était gelé sur une grande partie de sa surface. Il ne restait plus qu’une étape.

    Se détachant, non sans souffrance, du rider, elle exécuta un saut au dessus de celui-ci. Résolue à faire ce qui était nécessaire pour gagner elle utilisa a nouveau ses gants. Mais cette fois ci c’était pour une toute autre technique. Cette fois ci la glace qui s’échappait des mains de la jeune fille prenait forme. Elle se condensait, c’est comme si elle prenait vie. Un objet commençait à se distinguer. Qu’avait elle crée ? Soudain, sans vraiment qu’on puisse savoir quand il était apparu, elle le tenait entre ses poings serrés. Un marteau de glace. Il était bien plus étoffé que le dernier qu’elle avait crée. Ce n’était pas un chef d’œuvre mais il suffirait à ses desseins.

    Avec un sourire Uteki abattit le marteau sur la zone de fragilité autour de Chorion. La couche de glace avait rendu le toit très fragile, après tout ils étaient sur le toit d’une maison pas si jeune que ca, et cet élément la jeune fille l’avait remarqué au premier coup d’œil.

    C’est donc avec un malsain plaisir qu’elle contempla ce qui suivit. La fissure se propagea a travers la zone de fragilité et le Fear Rider, impuissant fut entrainé dans une chute avec une bonne partie du toit avec lui. Il s’en libérerait surement mais peut être pas à temps pour échapper à la défaite. Un espoir probablement fugace mais tant pis.

    Même si ce stratagème ne lui assurait pas la victoire il montrait a quel point elle était déterminée et a quel point la tâche ne serait pas aisée de la vaincre. Le combat avait commencé et pour l’instant la jeune fille avait un point d’avance, ca ne serait pas forcément le cas durant tout l’affrontement mais elle se satisfaisait de ce petit moment, de ce petit avantage, pour l’instant.
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Chorion W.
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MessageSujet: Re: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Sam 4 Fév - 20:13

Beware ... bad ogre.


Ça cogne dur. Et sec. Le toit est parti en miettes, il ne reste plus aucun espoir. Alors que les décombres s'écrasent aux quatre coins d'une pièce habitée par la vermine, une main surgit du néant, crochète une poutre métallique saillante et s'y accroche comme un nouveau-né à la vie. Dans les ténèbres, l'espoir point. L'espoir d'une destruction imminente, d'un châtiment sans appel. Le monstre n'est pas mort, il a seulement mis un genou à terre, mais ce n'est pas ainsi que l'ont met à bas le Fear Rider. On ne peut qu'oser affronter son courroux sans souffrir. Et Dieu savait qu'il haïssait ces pathétiques stormriders qui usaient de scientifiques stratagèmes pour excuser leur manque de force. Que le vent, les flammes ou encore la glace ne se dresse devant lui. L'homme domptait les éléments. L'homme n'était pas tout puissant, mais c'était dans sa totale imperfection qu'il menait la troupe. Un ballet écœurant, où la peur tenait lieu de funeste destin. Qu'est ce qui le poussait à se construire une maison, à assurer une vie potable pour sa famille ? Qu'est ce qui du fond des ténèbres le poussait à désirer des ailes, pour fuir ce Nightmare ? Qu'est-ce qui faisait que cette frêle créature osait le rouer de coup sans même prendre le temps de comprendre son ride ? La peur. Moteur et acteur de ce monde, intrinsèquement liée à la condition humaine. Il était l'unique Fear Rider, et il n'avait pas à craindre d'être dépassé car là résidait sa force. Sa prise se resserra et sa seconde main vint assurer sa prise. Un râle guttural s'échappa de sa gorge alors qu'il se hissait sur le toit, le visage en sang. Pourtant, un sourire mesquin se dressait sur ses lèvres, un défi à l'audace de la jeune femme. Sa chemise était à moitié déchirée et laissait apercevoir l'imposante cicatrice qui barrait son torse, en une forme malicieuse de crâne humain. La signature de l'ex-Bloody King. Il avait perdu face à deux Rois, et pourtant il ne baissait pas les bras. Il posa un genou sur le toit déglingué et se redressa, arrachant d'un geste négligeant ce qu'il restait de sa tenue de soirée. On ne le croyait pas aussi musclé sous sa tenue d'apparat, mais il était une véritable force de la nature. Tout en lui criait sa bestialité et la lueur qui commençait à naître au fond de ses yeux n'avait rien de bon. Il ramena sa crinière immaculée en arrière, tenant par le mélange d'eau, de sang et de sueur qui le maculait. Rien que des écorchures, rien de compromettant. Une fougue improbable se dégageait de lui, comme un musc si fort qu'il aurait mis à terre le plus brave des guerriers. Il souriait.

Pas un mot, pas un geste. Sa seule prestance en disait long sur ses intentions. Il fit un pas, le moteur de ses airs treks à l'arrêt. Il fut un temps où il avait réussi à faire des wall ride sur une tour qui s'effondrait dans le skylink, et ses jambes n'avaient rien oublié de ces vieux réflexes. Sa seule difficulté avait été de détruire la gangue de glace qui l'emprisonnait. Il sentait toujours ses jambes, ainsi ce n'était que superficiel, et la force brute avait suffit. Poing contre poing au niveau de la zone où la glace était la plus épaisse de façon à propager l'onde de choc tout le long de la partie où le contraste de la chaleur de son corps et du froid de la glace était la plus étendue. Première étape, fragiliser, seconde générer assez d'espace pour faire accélérer le moteur de ses airs treks. Puis vint le ride. Rien d'impossible pour un stormrider de rang assez élevé. Peut être qu'un autre aurait réussi à éviter l'attaque, mais ce n'était pas ainsi qu'il se battait. À grand coup de pompe et à renfort de sensations fortes. Rien n'était assez suicidaire pour lui. Peu importe, il était toujours dans la course, et le sang qu'il avait perdu n'était que le début des réjouissances. D'un geste, il s'épongea le front, regardant sa proie droit dans les yeux.

"De la glace. J'ai connu un type qui est mort comme ça." commenta-t-il d'un air absent, tout en faisant craquer ses articulations, comme si l'attaque n'avait jamais eue lieu.

Seul le toit écroulé derrière lui semblait témoigner de ce qu'il était arrivé. La gamine pouvait très bien jouer les effarouchée autant qu'elle le voulait, elle finirait par trembler de terreur. Mais il y avait une chose qu'elle avait oublié dans ses calculs. Le cœur du Fear Rider battait à présent la chamade, et un léger tic animait le coin de sa bouche. Il avait du mal à se contenir, du mal à contrôler la fougue insatiable qui l'animait. Il avait failli perdre, et ça, c'était jouissif. Si proche de la défaite, si proche du final en si peu de temps. Il ressentait chaque pulsation de son palpitant, chaque seconde comme une promesse délectable. Il se lécha les lèvres, chassant une goutte de sang qui avait eu l'audace de s'y aventurer. Et le goût ferrailleux du délicieux nectar révéla en lui un sentiment de parfaite euphorie. Un rire dédaigneux s'échappa de ses dents et, soudain, son regard émeraude se riva sur le fin visage de sa victime. L'image du Fear Rider se figea, une fraction de seconde en cette ridicule attitude passive qu'il arborait un instant plus tôt. Puis le son de son avancée traversa la nuit en un piaillement suraiguë. Le cri du métal contre le métal, ses billes contre une paroi qui se pliait sous les impulsions qu'il y mettait. Un ride tout en puissance, où la grâce de ses précédents envolées se perdait. S'il allait trop vite pour un œil profane, son chemin se traçait dans le décor. Puis il sembla réapparaître, de nulle part. Il ne possédait aucune science, aucune maîtrise des éléments, seule la chimie internet de ses propres émotions. Son bras levé ne faisait qu'illustrer sa détermination. Il avait pris de la hauteur pour mieux asséner son coup, d'un violence inouïe, mais il ne s'arrêterait pas là. Tournant sur lui même au dernier moment, il posa un pied à terre et disparut du champ de vision de sa cible par une acrobatie improbable. Et de nouveau, il traversa son champ de combat, la frôlant à peine, caressant ses côtes d'un poing déterminé. Jouant d'accélération et de décélération, il devint étrangement de plus en plus agressif et seule l'image de son sourire, par dessus ses cheveux rougis de sang, trônait. Fast and furious. À ceci près que l'architecture du terrain ne lui permettait pas de surgir des cieux. Mais ce n'était pas là son dernier mot, et il préparait quelque chose de spécial pour acculer la petite souris qu'il traquait. Car, soudain, sans prendre aucune mesure du danger, il se stoppa net devant elle.

"Mener des batailles assez grandes pour faire la différences ... et assez petites pour être remportées." lui murmura-t-il, s'emparant de son col avec un rire détaché.

Et il leva son poing, bandant le moindre de ses muscles. Le direct du gauche allait la frapper en plein dans la tempe, et il restait là, droit comme un i, soulevant sans peine la frêle carcasse de sa cible de son autre main. Il était dommage d'abîmer un si joli minois, mais les règles du combat étaient telles : tant qu'elle ne touchait pas le sol, elle était à lui. Surprise, brutalité et un soupçon de démesure. Si elle était si habile à fabriquer glace ou autre artifice, comment s'échapper de l'étau d'une des lois de la physique les plus simples ? Lorsqu'un corps A et un corps B se rencontrent, ils exercent exactement la même force l'un sur l'autre lors de la collision. Troisième loi de Newton. Le jeu était de deviner qui casserait en premier : le crâne d'une jeune fille ou le poing recouvert d'un alliage d'acier et de titane d'une brute épaisse ? La réponse était évidente, mais la théorie différait souvent de la pratique. Cependant, il était toujours possible de répéter l'opération jusqu'à ce que le résultat escompté se fasse voir, après tout.
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Uteki Ravenheart



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MessageSujet: Re: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Dim 5 Fév - 16:50

Prise de risques ...


    La limite de l’inconscience. C’est l’état dans lequel se trouvait Uteki à cet instant. La contre attaque de Chorion s’était faite bien plus violente et surtout incroyablement plus douloureuse que ce qu’elle avait pu imaginer. Comme référentiel elle avait sa Part Wars avec Sony mais ils n’étaient clairement pas du même niveau. La force brute de cet adversaire était au-delà de ce qu’elle avait vécu. En un coup elle avait senti son arcade exploser, une seule attaque et il l’avait amené au bord de la défaite, pourtant il ne voulait pas la lâcher. Là serait son erreur la plus fatale.

    C’était un trait de caractère commun à tous ces riders qui adorent le sang. Ils oublient les règles et appliquent les leurs. Certes c’est souvent désavantageux pour celui qui subit leurs coups, mais ca leur laisse une chance de répliquer et de gagner malgré cette différence de puissance. C’était là sa chance.

    Mais d’abord il fallait échapper à son emprise et ca n’allait pas être facile. Elle sentait le sang couler le long de son visage. Il cognait dur. Si elle ne se libérait pas très vite il la tuerait, elle le savait. Avait-elle peur ? Peur de mourir ou peur de perdre ? La défaite n’était pas effrayante, elle avait déjà perdu et outre la déception il n’y avait aucune raison d’avoir peur. Mourir en revanche c’est une autre affaire. A l’instant même où le poing de Chorion s’abattait sur sa tempe cette question s’imposa a elle. Avait-elle peur de mourir ? A vrai dire si elle mourrait elle n’avait aucun regret à avoir. Elle avait vécu comme elle l’entendait, sans se restreindre. Si elle perdait la vie ce soir c’est que le Nightmare avait voulu sa vie et peut-être même que cela servirait ses plans. Elle n’en savait rien mais elle n’était pas suicidaire, elle ne se laisserait pas tuer si facilement.

    Mais comment s’en sortir ? Elle était déjà bien affaiblie pourtant il était hors de question qu’elle se laisse faire. Qu’avait-elle à sa disposition ? Le compartiment d’eau de ses gants était vide, impossibilité de s’en servir avant d’avoir stocker de l’eau. Elle n’avait qu’une seule solution, le gadget que lui avait donné Lucy dans les égouts, lors de l’apogée de Nost. Un mécanisme qui lui permettait de créer un brouillard givrant. C’était là son seul recours. Elle n’avait pas le choix pour échapper a cette fatale étreinte.

    D’un geste plutôt faiblard elle activa la télécommande qui libéra le pouvoir du gadget. Une bille contenue dans l’une des poches de la jeune fille éclata. En une poignée de secondes ils furent au centre d’un brouillard si dense qu’ils se distinguaient à peine l’un l’autre. Les deux corps, immobiles, commençaient à geler. Il ne faudrait pas longtemps pour les transformer tous deux en statuts de glace. Bien qu’habituée a ce genre de températures Uteki subissait quand même les conséquences de son acte. Mais la surprise avait eut l’effet escompté, il avait relâché un peu sa prise, c’était une occasion a ne pas rater.

    Rassemblant toutes ses forces elle asséna deux coups d’air trecks à Chorion. Le coup, allié à l’incompréhension de la situation, déstabilisa tellement le Fear Rider qu’il lâcha sa proie. Le coté positif de cette chute de température c’est que le sang ne coulait plus. Ainsi l’anémie et la perte de conscience étaient retardées. Une fois libre elle s’éloigna de ce géant tas de muscles.

    Elle prit quelques secondes pour respirer à plein poumons, histoire d’avoir les idées un peu plus claires. Il lui restait encore un atout dans sa manche. Son trick le plus puissant. S’il résistait à ça il ne resterait plus que le combat physique, pur et dur autant dire que cette éventualité n’était pas a l’avantage de la jeune fille et qu’elle espérait qu’il ne résiste pas.

    Essuyant le sang qui brouillait un peu sa vue. Elle posa les yeux sur son adversaire, qui émergeait du brouillard. Elle ne pouvait se permettre d’attendre plus longtemps. Inspirant une dernière fois elle fit vrombir ses Air trecks. La température baissa encore, l’eau se condensa et le trick se mit en place.

    Un nuage se développa à partir des air trecks de la jeune fille et se dirigea vers le Fear Rider, qui affichait encore son sourire carnassier. Comment allait-il encaisser ce nouveau cadeau de la Cloud rideuse ? Sûr de sa puissance comme il semblait l’être il n’allait pas esquiver. Il continuerait sa route, crevant le nuage dans l’espoir d’anéantir psychologiquement Uteki. Grand bien lui fasse il allait apprécier le nuage à sa juste valeur.

    Les deux se rencontrèrent. Pourtant rien ne se produisit, la confiance avait du grandir dans le cœur de Chorion. Tant mieux, c’était le but. Il devait être au cœur du nuage à présent. Il était temps de lancer l’ultime assaut avant le combat physique.


    « Le jeu est fini »

    A cet instant, celui là précisément Chorion était piégé. Le son de la voix d’Uteki lorsqu’il atteint le nuage, provoqua l’explosion d’une des bulles qui le composait. Cette explosion en entraina une autre et ainsi de suite. Transformant la zone autour du rider en un véritable enfer qui faisait écho avec l’eau contenu dans son corps. Toutes ces explosions pouvaient venir à bout de n’importe qui enfin c’est ce qu’elle espérait. Il ne restait plus qu’a attendre que tout se dissipe pour voir dans quel état se trouvait son adversaire.
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MessageSujet: Re: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Lun 6 Fév - 3:58

Le son résonne, l'explosion frissonne. Il avait tout essayé, mais un air ne représentait pas les mêmes avantages qu'un cube. Il n'avait aucun moyen de jouer sur la pression de l'endroit, afin de mettre à bas les tentatives de la gamine, aucun moyen d'augmenter durablement la température, aucun moyen de contourner ce foutu point triple du diagramme de phase. Une notion thermodynamique indispensable, qu'il n'était pas possible d'appliquer dans de telles conditions. Il avait voulu y aller au bluff, jouant de sa force physique pour se faire passer pour une brute épaisse, sans foi ni loi. Vu sa carrure, on ne le prenait certes pas pour un marquis. Mais il était toujours le fin stratège d'antan, et son orgueil l'avait emporté. Par son retour précoce dans le cauchemar des nuits de Tokyo, il avait oublié toute notion de mesure et d'humilité. Perdu dans son délire de faire chuter tous les rois, il s'était pris pour l'un d'eux, comme si ces trois années loin de la prédation des rapaces du Nigthmare avait fait de lui un monstre de fierté. Maîtriser la peur, faire fi de tout ce qu'il avait auparavant appris par la cause d'une simple défaite. Tout avait changé, de son but à sa psyché ... Vraiment ? Car, alors que le sang coulait lentement sur son arcade, que les hématies s'étiraient de ses cils à sa paupière, un léger sourire se dessinait sur ses traits. Parmi les gouttes glacées d'eau le parsemant, celles de sueur, plus épaisses et salées, dessinaient son plan. Il inspira, profitant de l'instant de grâce qui lui était confié. Tout se figea soudain, en une fraction de seconde. Sa conscience s'étira, puis vint le moment où les masques tombent. Le moment qu'il préfère. Mais avant cela ...

La peur. Intrinsèque, fondamentale. Elle lui nouait les tripes, perturbait sa psyché et ralentissait ses réflexes. Il était aisé de se laisser maîtriser par elle, lorsqu'on ne l'attendait pas. Et il était insensé de penser en maîtriser les rouages. Rouages. Rouages d'une mécanique parfaitement huilée, aux milles récepteurs. Aux entrelacs chimiques si particuliers. Avec un seul valet soumis aux affres de la vie, aux tourments de la nuit. Le cerveau se décomposait en deux hémisphères, le droit et le gauche. Chacun sa zone d'action, mais le descriptif n'était pas nécessaire. Il fallait seulement savoir que dans la zone antéro-interne temporale se concentrait les noyaux de plusieurs neurones, en un amas appelé complexe amygdalien. Une des zones de transit et de stimuli essentiels de la voie longue de la peur et de l'anxiété. Chargée de décoder les stimuli pouvant être menaçant pour l'organisme, elle donne lieu à l'activation de réponses au niveau de la dimension émotionnelle des expériences sensorielles pertinentes. En d'autres termes, elle génère une réponse hormonale, nerveuse et somatique par simple activation au processus de peur et de stress. Quelle importance, pourriez-vous me dire ? Un impact bien précis au niveau du lobe temporal pouvait générer un stimuli acceptable. Et alors, le processus de peur devenait biologique, émotionnellement incompréhensible. Irrepressible. Neurological fear.

Deviner les intentions d'un femme meurtrie par la peur. Pas une chose si facile, après tout. Mais elle ne le voyait pas, elle ne voyait pas son sourire. Elle perdait en vitesse et en inventivité. Et lui, il gagnait du temps. Son esprit carburait à toute allure, assimilant chaque information à une rapidité improbable. L'adrénaline qui excitait sans cesse ses récepteurs synaptiques augmentait tant ses réflexes que sa force. Mais en plus de cela, il s'était libéré de l'emprise paralysante de la peur, tant que c'était lui qui se l'infligeait. Il cherchait les décharges d'émotions et de sensations pour briser subtilement les verrous inconscients de son esprit. Et alors, bien que sa limite restât humaine, il décryptait les rouages du combat tel un véritable génie stratège. Il n'en était rien, il n'était qu'un simple homme qui aspirait à tellement plus. À commencer par la fin de ce monde. Et lorsqu'il l'entendit quitter le nuage et s'arrêter au loin, il sut qu'il était temps. Elle ne se serait pas arrêtée sans une bonne raison, n'aurait pas encaissé tout cela pour le simple plaisir. Il y avait une myriade de possibilité lorsqu'on possédait un nage de particules d'eau en un désordre tout relatif. On pouvait soudain se prendre d'une frénésie ménagère à vouloir tout ordonner : créer un linceul de glace n'était pas une possibilité à exclure. Alors, par ses sens aiguisés par l'abus prolongé de cette hormone qui le rapprochait de plus en plus du côté animal de sa condition, il décela l'arrêt d'Uteki et d'un bond, s'écarta de ce nuage. Lorsque la voix de la gamine fit frémir les molécules désorganisées. Un léger frisson fit vaciller le nuage un instant, se propageant comme une onde de choc, puis le tout vola en éclat, alors que le dos du Fear Rider apparaissait de l'autre côté de la brume. Et alors qu'il allait réussir, la violence du choc le rattrapa, le propulsant au coin du bâtiment. Il glissa sur cinq bons mètres, sur le côté, avant que la brume ne se dissipe. Il était maculé de sang, et à l'exact opposé d'Uteki. Puis ce fut le silence.

"Pourquoi tu as encore peur, hein ?"
marmonna-t-il, toujours allongé, d'une voix trop assurée pour ce qu'il aurait du subir du point de vue de la jeune fille.

Il posa une main ensanglantée sur le béton. Puis une autre, indemne. La première sembla faillir un instant, mais la volonté du Fear Rider supplanta la douleur. Il se releva, de la force de ses bras, et posa un air trek au sol, sans une trace de sang. Lorsque la seconde jambe suivie, on pouvait apercevoir sa peau rougie et lacérée. Mais il ne sembla pas s'en préoccuper et pris appui dessus, boitant légèrement. Une multitude de gouttes traçaient son chemin, mais un sourire malicieux s'épanchait sur son visage. La jointure des doigts de sa main blessée était blanche, tant il forçait. Tout le côté gauche de son corps était rouge, mais les lésions semblaient se poursuivre aussi de l'autre côté. Bien que son abdomen sembla bien moins blessé que ses deux membres. Le choc semblait s'être propagé, mais heureusement atténué au fur et à mesure qu'il se propageait dans son corps. Bras et jambe avaient été durement touchés car encore entourés par la brume lors de son extraction, mais la violence avait perdu de sa force en passant de cellule en cellule. Heureusement pour lui, il y aurait laissé beaucoup plus en d'autres circonstances. Son pantalon était en lambeau, et n'avait fourni qu'une ridicule protection qui lui permettait encore de pouvoir plier sa jambe, mais son bras était réellement dans un sale état. Ses doigts n'étaient plus qu'une sorte de charpie informe, tandis que son épaule était à peine rougie par les dommages internes. Un magnifique dégradé carmin. Il réussit néanmoins à se tenir droit, et à toiser son adversaire.

"Tu saignes beaucoup, c'est vrai, mais ta blessure reste superficielle : je n'ai fait que frapper une zone bien précise de ton crâne." expliqua-t-il, en montrant le poing avec lequel il l'avait frappée.

"Mais à présent, que la peur prend le pas sur tes émotions, je vais t'expliquer ce qui t'attends. Tu manies magnifiquement la combinaison de la Lether et de la Ice, mais je suis un Fear Rider. Je ne vis que pour ces instants d'extase où je frôle mort et défaite." continua-t-il, avançant d'un pas.

"Peu importe le sang que je perds, peu importe l'état de mon corps, c'est mon esprit qui dicte le combat. Et tu connais la puissance de l'esprit sur le corps." ricana le Wanijima, faisant ronronner le moteur de ses rollerball.

"Alors comme je suis joueur, je vais te donner un petit avantage. Dans trois secondes, je vais exécuter mon dernier Freeze Frame. À ce moment là, je me placerais derrière toi, et je te briserais le genou droit. Et je m'arrêterai là. Par contre, si tu oses m'éviter, je m'assurerai de t'avoir brisé les deux jambes et peut être même les bras avant de te faire toucher terre." conclut-il, avec un soupçon de sadisme.

Et, ignorant la douleur, il fit un dernier pas. Il avait réussi à tenir la tirade d'un seul trait, laissant les endorphines calmer ses nerfs. Au fur et à mesure qu'il parlait, il ne cherchait qu'à augmenter sa propre motivation, en contemplant les pupilles dilatées de sa cible. La hargne monta, et sa volonté se confirma. Toujours un soupçon de danger, se tenir sur la corde raide, s'handicaper alors même qu'on était blessé. Lui donner une échappatoire, voir son choix. Improviser, frapper. Blesser. Anéantir. Son coeur s'emballa, envoyant son sang cogner aux quatre coins de son organisme. Peut être était-ce le dernier échange de coup, peut être pas. Tout ce qu'il savait, c'était que sa jambe ne tiendrait pas longtemps et que son bras gauche était quasi inutilisable. C'était si ... amusant ! Voilà qu'il trouvait à nouveau sa place dans le creux du Nightmare, il ne lui restait plus qu'à attendre à présent. Trois. Deux. Un.

"Here comes the men in black."
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MessageSujet: Re: La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]   Mar 7 Fév - 18:32

Lâcher prise ...


    Un ultimatum. Un choix, peut-être même le dernier de ce combat. Devait-elle braver la peur et risquer de grandes blessures ? C’était ce qu’elle avait en tête depuis le début de l’affrontement. Pourtant quelque chose clochait dans l’attitude de son adversaire. Ce n’était pas la façon de penser d’un psychopathe avide de violence et de sang. Et soudain, comme un voile devant ses yeux venait de se déchirer. Durant toute la Part Wars elle s’était inconsciemment mis des œillères qui l’empêchaient de voir Chorion tel qu’il était vraiment.

    La réalité fut dure à avaler. Ils étaient pareils. Ils ne vivaient que pour le jeu, sauf que le jeu du Fear Rider se trouvait au cœur de la peur. C’était un peu comme Hikaru, en moins délirant. Une larme perla aux coins de ses yeux. Ce combat n’avait plus réellement de sens mais au vu de leurs blessures respectives elle ne voulait tout de même pas abandonner d’autant plus que ce n’était pas son style.

    Lorsqu’il eut fini sa tirade la jeune fille était résolue à mettre un terme à ce combat. Mais maintenant qu’elle avait réalisé qui était vraiment son adversaire, elle décida de rentrer dans son jeu. C’était certes risqué mais ainsi il aurait ce qu’il aime tant : être proche de la défaite. Il aimait se tenir en équilibre, au bord du précipice, elle allait lui offrir tout ce qui le rendait accro a cette route et qui lui donnait cet air qui pouvait paraitre terrifiant. Il ne pourrait pas aussi facilement oublier Uteki, en quelque sorte elle allait graver sa route en lui. En tout cas elle laisserait une trace d’elle en lui pour longtemps.

    Le compte à rebours arriva à son terme, et il passa à l’attaque. L’instant d’après il était derrière elle, sentant son souffle dans son dos elle éclata de rire. Un rire clair et libérateur. Puis le coup se fit sentir. La douleur à nouveau. Mais elle se devait de faire un dernier effort. L’ultime contre attaque avant de sombrer dans l’inconscience.

    Luttant contre la douleur elle se retourna pour faire face à son adversaire, le regard joueur bien qu’un peu troublé par quelques larmes. Malgré cette humidité sur le visage elle souriait.


    « La douleur n’est rien lorsqu’on a pas peur. Quelque soit l’issue de cette bataille j’ai gagné face a la peur. Notre jeu est fini et la peur a perdu. »

    Agenouillée, avec le genou qui irradiait son corps de douleur, elle se surpassa une dernière fois. Il était temps de montrer ce qu’elle avait vraiment dans le ventre. Elle se releva, tant bien que mal, et agrippa le Fear Rider de toute ses forces. Elle n’arriverait pas à le retenir longtemps c’était certain, mais là n’était pas le but.

    De sa jambe encore valide elle prit appui et avec toute la force qui lui restait elle s’élança vers le sol. Une sorte d’attaque suicide, un ultime affront à la peur. Elle resserrait de temps en temps sa prise surtout du coté où Chorion était blessé, il ne pourrait s’échapper.

    Mais Uteki se savait fatiguée et amoindrie physiquement par la douleur. Elle essaya donc d’activer ses air trecks pour la dernière fois pour cette nuit. Elle tenta, de créer une armure de glace autour d’eux. C’était certes une façon de se protéger de l’impact imminent mais c’était surtout une façon de piéger son adversaire avec elle et l’empêcher d’échapper à la chute.

    Malheureusement cette action draina ses dernières forces et elle sombra dans l’inconscience. Le dernier son qu’elle entendit était celui d’une ambulance. Il était déjà une heure du matin. Dans l’optique de ce combat elle avait demandé à un ami d’envoyer une ambulance à l’endroit où ils se battaient. Une police d’assurance en quelque sorte.

    C’est donc avec le sourire qu’elle s’évanouit. Elle avait donné tout ce qu’elle était capable de donner. Il avait été un ennemi incroyablement résistant, et très agressif. Mais au fond elle avait appris pas mal de choses dans ce combat. Elle était heureuse. Le Nightmare n’était pas entrain de sombrer comme elle le pensait. Elle-même n’était plus la même que lors du début de l’affrontement.

    Qui allait gagner ? Chorion arriverait il à se libérer avant de toucher le sol ? Elle espéra qu’un témoin avait vu la scène car elle était bien incapable de le dire.
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La peur du jeu ou le jeu de la peur ? [PW Chorion]

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