Analyse de l'environnement. Surpopulation. Regards curieux. Humanité malsaine. Déambulant entre les différents acheteurs du centre commercial, te voilà complètement perdue dans tes songes, tes pensées et tes questions. Evènement étrange, réaction en chaîne. Plus rien ne se trouve sous ton contrôle n'est-ce pas Gabrielle ? Visage vide, joints de mâchoire crispés..Tu as horreur de ça. Tu as toujours eu le contrôle sur ton entourage, du moins depuis ce jour funeste. Mais voilà que d'autres morts se sont produites juste ton regard doré alors que ton esprit était en proie à un événement hors du commun. Immobile au milieu de la foule défilante, l'une de tes mains se lève lentement pour laisser tes ongles bleutés s'arrimer à ton front, sourcils froncés. Une semaine s'est écoulée et depuis, tes pensées semblent habitées par quelque chose d'hors norme. Quelque chose qui ne t'appartient pas. Un énième soupir et te revoilà déambulant parmi les gens pressés d'acheter la dernières console, le dernier ordinateur, la dernière tenue… Tout n'est qu'apparence et superflus.
Mais toi, l'apparence n'est-elle pas là pour exprimer ce que tu crois mort en toi ? Ta tenue excentrique, cette combinaison bleu, ces cheveux rouges vifs agrémenté de fleurs, ce piercing t'arrivant en-dessous de la lèvre inférieur, ces doigts fins habillés de vernis criard… oui. L'apparence. Tout ceci n'était qu'une sorte de murmure silencieux, murmure de ton âme en peine qui essaie tant bien que mal de ne plus avoir le sentiment d'être un cyborg…une machine sans sentiment et sans expression. Tu continus d'avancer pour finir par repérer un banc en plein centre de l'une des allées les plus fréquentées du bâtiment. Pourquoi ne pas t'y asseoir ? t'arrêter quelques minutes et laisser la musique de ton esprit faire vibrer ton corps des pieds à la tête. Un pas, deux pas, trois pas, assise, jambes croisés, corps arqué vers l'arrière, perles d'or posées sur le plafond. On pourrait croire que tu t'exhibes, croire que ton corps appelle sensuellement à ce que l'on vienne t'enlacer et même plus. Position aguichante alors que jamais tu ne cherches à plaire. Peut-être même essaies-tu plutôt de déplaire ?
Mais ça ne marche pas, ça ne marche jamais. Tu as hérité de la même beauté que ta défunte jumelle. Punition ou présent ? Silence. Tes paupières parsemées d'un trait de noir fin, ne cesse de battre l'air et tes iris de miel semblent chercher désespérément quelque chose sur laquelle s'accrocher. Une note commence, puis une autre, d'abord murmure timide puis limpide et enfin vibrant. Tes doigts de mécanicienne se crispent légèrement sur les bords en bois du banc, seul et unique mouvement de ton corps confirmant que tu n'es pas une statue de cire. Paupières closes. Ça y est… ton cœur s'emballe. Une musique nouvelle vient résonner dans tout ton être, s'imprégnant des bruits environnants. Battements de cœur, impulsions de muscles, respiration, pas précipités, mouvements de tissus…une véritable symphonie pour tous tes sens. Le monde te parle et t'enchante comme à chacun de tes déplacements. Comme si l'univers entier n'était qu'un immense amphithéâtre rempli d'orchestres différents qui ne sont là que pour amuser ton esprit de métal dans un concert privé. Tu t'y perds, tu t'y noies, oubliant le lieu même où tu te trouves.
Clap, clap. Silence outrée. La musique s'est arrêtée. Pourquoi diable ton concert s'est-il stoppé ? Un grain de sable est venu se glisser subrepticement dans l'engrenage de ta musique, les écrous ne peuvent plus tournés et tous portent leur attention sur la tuneuse. Paupières ouvertes, visage délicat qui roule sur ton épaule droite, iris dorées vide d'émotion et pourtant attentive. L'un de tes sourcils s'arque, un musicien imprévu vient de débarquer dans l'amphithéâtre de ton esprit, tu ne l'as jamais vu, jamais croisé, pourtant il se tient devant toi sans la moindre hésitation. Franche présence d'un être direct. Que te veut-il ? Un simple rider souhaitant une réparation ? Un homme vil qui ne souhaite que goûter à tes attributs ? Un être quelconque qui passait par-là ? Analyse système. Réponse demandée, impossible. Tic, tac, les secondes s'écoulent tout comme ta curiosité…
Sujet: Re: Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela] Mar 14 Fév - 3:11
« Tu as tout ce qu'il te faut : en toi, ton esprit, sur toi, tes vêtements. À toi d'écrire ton histoire ; à toi de construire ton héritage. Now is our time. »
Bordel de merde. Ces trois mots, bien que vulgaires résumaient parfaitement la pensée de Belphegor à ce moment. Il y avait trop de monde, trop de bruits et trop d'actes inutiles. Les personnes ressemblaient à des automates, conçus pour accomplir les mêmes tâches de manière répétitive. À croire que tout leur rythme de vie n'était qu'une simple boucle jusqu'à arriver à la fin. Arrivaient-ils ne serait-ce qu'à être heureux ? Au moins un tout petit peu ? Vus l'expression que la plupart abordaient, le jeune homme émettait un doute. C'est surement pour cela qu'il n'avait pas posé les pieds dans un supermarché depuis si longtemps. Dans son esprit, il voyait cela tel un temple. Un lieu de culte en l'honneur d'une société décadente ; une religion qui malheureusement, n'a jamais rendu ses pratiquants heureux. Seul quelques rares élus divins, touché par la grâce ou ayant vendu leurs âmes au diable, on su tirer profit de cette misère. Ce n'était pas un spectacle réjouissant. Cela tenait plus du tragique.
Devant cette scène tragique, Belphegor ressentait une étrange compassion en contemplant toutes ces personnes semblant comme enchainés à ce mode de vie. L'époque des droits de l'homme ? Vaste amas de conneries. Seule la forme du vice avait changé. La manière elle, bien qu'ayant évolué avec le temps restait la même. Il se demanda combien de ces personnes avaient réellement conscience de leurs conditions. Une poignée ou un peu plus ? Oh bien sûr, même lui s'en savait dépendant mais, plus loin il restait de tout cela, mieux se portait-il. Le déni même s'il n'apportait aucune solutions, allégeait l'esprit. Le temps de passer à l'acte suivant en tout cas. Attendre patiemment sa tirade et, dans cette attente travailler celle-ci. Que ce soit dans la forme, dans la manière et dans le ton. Ce n'est que de là, ainsi que de la qualité de la pièce, que se dégage la véritable intensité. Il est possible qu'au fond, même cette intensité que l'on peut parfois ressentir n'est qu'une illusion. Une pâle copie. Tout ceci ne serait alors qu'un simple spectacle de marionnettes.
Tout cela était à deux doigts de lui donner la nausée. Toutes ces annonces publicitaires, ces lumières agressives, ces panneaux disposés pour faire la promotion de ces produits mit en pâtures. Il y avait quelque chose de véritablement dégoûtant là-dedans... Peut-être que celui qui saurait résisté à l'appel de ces drôles de sirènes aurait son siège au Paradis. Dieu serait alors un maitre de l'ironie. Il coupa à travers la cohue. Ce n'était pas un exercice qui demandait beaucoup de souplesse pour lui. Il n'avait pas besoin de serpenter au milieu de la foule. Il n'était pas d'ici et cela se remarquait. Le teint blafard, ses cheveux revêches, sa boucle d'oreille claquantes et ses cicatrices suffisaient à ce que, même sans lui accorder d'attention, les figurants locaux s'écartent devant son passage. Peut-être que les nombreuses cicatrices et ses vêtements bien plus qu'usé aidaient également. Allez savoir.
À quelques mètres devant lui, il y avait un banc avec une place de libre. L'occasion de se retirer dans les loges quelques instants. Ou les tribunes peut-être ? Il en était encore à se demander s'il était acteur, spectateur ou simple marionnette. Tiens, il venait de remarquer la jeune femme assise sur le dit banc. Elle a un certain charme. Il se demanda si c'était véritablement à cela qu'il fallait songer en premier Peu importe, une vision agréable n'est jamais de mauvais augure. En l'observant du coin de l'œil quelques instants, elle ne semblait pas particulièrement à son aise. Ses mains et sa posture parlaient pour elle. Le langage du corps bien que mystérieux, est bien plus expressif que toutes les tirades écrites jusqu'à nos jours. Regardez la Vénus de Milo. Elle est muette, pétrifiée mais, pourtant extraordinairement communicative. Ne serait-ce que par les courbe de son corps.
Elle était vraiment belle cette fille. Au-delà de son corps, sa tenue était tout aussi expressive. Voir même un peu trop au goût de Bela pour être réellement crédible. Cela n'avait que peu d'importance. L’extravagance , ses cheveux vifs et son piercing lui plaisait en particulier. Perdu dans ses songes, le jeune homme s'était retrouvé devant-elle sans crier gare. Elle le regardait maintenant. Son regard était étrange, il n'était pas préparé. Cela lui semblait incongru. Il n'y voyait rien. Pourquoi donc ne trahit-elle aucune émotion ?
- « Salut toi. J'ose espérer que je ne te dérange pas. », dit-il simplement. Un peu court surement mais, son visage décrocha un sourir avant de prendre place à côté d'elle. Le ton de sa voix était assuré. Même la forme était là. Quand à la manière, sa simplicité était une force, contrastant avec ll’abondance du lieu.
La première réplique était maitrisé, la première scène pouvait enfin commencer.
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Sujet: Re: Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela] Mar 14 Fév - 15:17
Le concert va commencer
La plupart des gens aspirent à une vie banale, croyant que la leur sort de l'ordinaire et qu'une dose de tranquillité leur ferait du bien et c'est justement ce genre d'envie générale qui rend le monde incroyablement lassant. Tu n'aimes pas ce qui est lassant et pourtant toi-même tu te retrouves prisonnières d'un quotidien morne et lassant. Si seulement quelque chose de nouveau pouvait se produire, quelque chose qui briserait les circuits électroniques de ton être pour te rendre vivante. Quelque chose de nouveau. Sa voix te parvient alors au moment même où tu recommençais à te perdre dans tes pensées. Un sourire. Il s'installe. Le nouveau musicien vient d'entrer dans l'amphithéâtre avec son propre instrument, sa propre musique encore jamais écoutée. Il est confiant. Détendu. Sûr de lui. Etrange… analyse de la situation, point d'incohérence. D'habitude les gens ne t'approchent pas ainsi. Toi. La Louve.
On te connaît, ton pseudo a souvent fait le tour des riders, des tuneurs et même de ceux qui ne touchent pas à ce domaine. Celle qui observe le monde, tapie dans la forêt des ombres, ses grands yeux jaunes déferlant sur les corps en agitation. Tout comme le canidé, un seul de tes regards suffit à faire fuir les gens. Tu cherches inconsciemment à leur déplaire, les faire fuir et pourtant… Ton regard s'arrime à cet inconnu sans peur. Aurait-il envie de passer au-delà des mythes et des légendes et découvrir par lui-même la Louve ? Telle la lave en fusion, ton regard s'écoule avec ardeur sur son corps, analysant chaque partie de lui. Ses habits sont bien loin d'entrer dans les stéréotypes de cette ville, ses cicatrices parlent d'elles-mêmes, il n'était pas du genre amorphe. Et cette chevelure d'ébène, aussi sombre que du charbon et aussi sauvage qu'une crinière de lion. Ton visage se redresse mais ton regard ne le quitte pas. Quelle est cette chose qui te plaît au point de ne pas l'ignorer ? Son regard. Deux iris brunes, luisant de vie et de force mais également d'un petit quelque chose que tu ne saurais analyser correctement.
Peut-être… peut-être sera-t-il l'objet de ton intérêt constant pour cette journée ? Peut-être n'entre-t-il pas dans ce moule si commun des gens de la société actuelle ? Oui…peut-être saura-t-il te montrer ce que c'est que de vivre durant quelques heures. Si tu ne t'en lasses pas d'ici là. Tu l'observes encore quelques secondes et une conclusion se fait. Il est réellement beau. Tu pivotes sur toi-même, tournant ton corps entier sur le côté afin de lui faire plus ou moins face, remontant l'une de tes mains qui vient caresser avec douceur les piercings parsemant ta joue en descendant de ton œil, telles des larmes constantes, pour ensuite se glisser dans ta chevelure rouge. Tentatrice inconsciente de ta beauté, ainsi on pourrait croire que tu essaies de l'aguicher mais ton regard vide et ton expression neutre dément cette théorie. Non tu ne veux pas plaire. Tu vas lui déplaire, la Louve effraie et fait fuir. Mais s'il reste alors…peut-être ne goûtera-t-il pas à ta morsure sauvage. Tes doigts s'entrelacent et viennent alors se poser avec élégance sur l'une de tes genoux alors que, pour la première fois de la journée, ta voix douce et suave se fait entendre :
"- Non, tu ne me déranges pas. Ici rien n'est intéressant à par la musique personnelle de chacun… mais j'avoue que tu viens perturber mon concert"
Un léger sourire vient orner tes lèvres rougeoyantes, te surprenant toi-même. Un sourire peu vivant mais présent malgré tout. Tu le toise avec insistance et ton esprit ne s'accroche qu'à lui. Le monde qui t'entoure est oublié car tu souhaites comprendre son comportement. La première conclusion qui vint effleurer ton esprit est le fait qu'il va s'en aller. Les mots ont été prononcés sans animosité mais l'interprétation de chacun peut faire toute la différence. C'est la manière dont les gens comprennent tes propos qui font que bien souvent on te fuit. Les gens aiment se sentir agresser, après tout si ce n'était pas le cas alors pourquoi avaient-ils constamment cette impression ? Ils s'en plaignent et crisent alors qu'au final c'est eux qui choisissent cette analyse erronée des propos. Les êtres humains sont susceptibles et hypocrites, ces mêmes raisons qui t'ont fait te détourner de tes semblables depuis bien longtemps. Ces raisons qui font que tu es la Louve, que personne ne connaît Gabrielle, que tu es morte.
Les instruments commencent leur mélodie, le nouveau musicien saura-t-il s'y infiltrer ? Ou ta musique lui fera perdre pieds ?
Sujet: Re: Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela] Jeu 16 Fév - 18:28
« Je crois que je me noie. Asphyxié. Je veux rompre le sort, que tu m'as jeté. »
Elle le regarde quelques secondes. Que regarde-t-elle ? Il ne sait pas mais l'admire également. Il regarde sa main remonter le long de sa joue. Le geste épouse ses traits. Il la regarde et se perd. Sa chevelure chatoyante le réchauffe intérieurement. Sans même qu'il ne le remarque, le monde autour d'eux n'existe plus. Tout autour ce qu'il y a autour d'elle semble flou. Le bruit incessant est presque inaudible. Il n'y a qu'elle et lui. Et ses yeux, mon dieu, ses yeux. Ce sont certainement eux qui ébranlent tout ce qui est là. Il ne savait même pas que cette couleur si parfaite pouvait exister dans le regard d'une femme. Ses yeux étaient comme deux océans calmes. En les contemplant, Bela était un naufragé au milieu de ces étendues. Alors qu'il s'en échappe, il voit les mains de la jeune fille se poser sur ses genoux. Même ce simple geste est empli de finesse.
Ses lèvres bougent enfin...
« Non, tu ne me déranges pas. Ici rien n'est intéressant à par la musique personnelle de chacun… mais j'avoue que tu viens perturber mon concert », dit-elle d'une voix incroyablement douce.
La musique personnelle de chacun ? Que peut-elle bien dire par là ? Est-ce une manière de décrire ce que l'on perçoit des personnes qui nous entourent. L'impression, le sentiment incertain que nous laisses, chacun de ces inconnus que l'on croise chaque jours ? C'est ce que le jeune écossais se demande. Ces notions lui échappent légèrement. Ces considérations, ce n'est pas vraiment ce qui caractérise ses rapports avec le genre humain. Ces mêmes considérations avaient de toute façon changées au court des derniers jours. Les récents évènements l'avaient marqués et forcés à réfléchir sur lui-même. Cette première tentative d'introspection n'était qu'une graine plantée. Personne ne pouvait encore savoir ce qui allait en sortir. Des roses, rouges oui mais des roses ? Ou peut-être était-ce les fleurs du mal qui allaient germer ?
Il commence à ressentir un sentiment étrange. Comme si une douce chaleur émanait de son bas ventre. Il chaleur à la fois réconfortante et incertaine. La lueur d'une bougie qui chancèle au gré des courants d'airs. Le jeune homme se demanda si c'était-elle qui produisait cet effet. C'était agréable en tout cas. Agréable et innatendu. Ce moment lui semble comme retiré du temps. Encore une rencontre aux limites du surnaturel. Cette ville, après deux ans commençait tout juste à lui montrer son vrai visage. Celui qui est caché. Fait de légendes urbaines et de fantasmes. Elle en était digne en tout cas, d'un fantasme.
« Je ne m'y connais pas tellement en musique mais, je sens un rythme qui monte. Je ne sais pas si tu peux l'entendre. » répondit-il, calmement. Un sourire malicieux aux lèvres.
Un rythme en deux temps, comme un roulement de tambour qui lui secoue la carcasse. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas entendu. Ce témoignage de l'existence de quelque chose dans ses entrailles froides. Bela sourie, sincèrement, en regardant la belle près de lui. Il pose sa main sur la sienne. Il fixe les lèvres de la jeune femme et guète le moindre mouvement...
Comment en est-ce arrivé là ?
Invité Invité
Sujet: Re: Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela] Sam 18 Fév - 21:30
Le temps coule comme les grains du sablier, tout se mélange et s'unit afin de donner un résultat plus ou moins plaisant selon la personne qui le reçoit. Gabrielle dit la Louve, que fais-tu ainsi perdu au milieu de ce territoire qui n'est pas le tiens, qui ne le sera jamais ? Comme si, sans réelle raison, quelque chose t'avait poussé à sortir de ta forêt pour se mêler au commun des mortels. Tu es là, immobile à nouveau comme la statue de marbre que tu es. Il réagit, il bouge et se tend. Il vibre. Tu le sais, tu l'entends. Une chanson timide et chancelante, quelque chose d'effrayé, n'osant guère s'exprimer assez fort pour que tout le monde l'entende. Ton âme répond et reçoit cette mélodie nouvelle qui est venu se glisser dans le corps du jeune homme. Un haussement de sourcil. Lui-même semble ne pas y être habitué. Il est des musiques percutantes ou déroutantes, ce sont ces chants là qui savent te rendre vivante et te faire sourire à nouveau. Il te parle. Bien sûr que tu entends sa musique. Elle est faible, nouvelle, comme un faon fraichement arrivé dans ce monde et qui tente d'avancer sur ses pattes tremblantes et hésitantes.
"-Bien sûr que je l'entends. Chaque être possède une musique. Je fais parti de ceux qui écoutent."
Ni plus ni moins. Parler pour rien dire, épiloguer, débattre, tant de choses inutiles et dont tu as horreur. S'échiner à dialoguer avec une personne qui ne comprendra pas le point essentiel que tu souhaites inculquer, comportement illogique. Système corrompu. Non jamais tu ne perds ton temps à gaspiller ta salive. Beaucoup de gens ne comprennent pas, lorsque tu te tais ils ne voient que le silence. Ils ne peuvent pas entendre les chants du cœur. Toi tu demeures ici à les écouter, leur voix réveillent en toi la faible lueur de vie que tu possèdes malgré tout. Celle qui t'empêche de te laisser dépérir et rouiller au fil du temps. Un sursaut, tes muscles se crispent. Que se passe-t-il ? Ton regard d'or s'abaisse alors lentement. Il te touche. Sa main fine et chaude vient de prendre contact avec tes longs doigts fins de mécanicienne. Pourquoi ? Pourquoi te touche-t-il ? On ne caresse pas ainsi impunément une louve sauvage. Elle peut mordre ou même tuer. On ne touche pas la louve. Non on ne te touche pas. Ton pelage est bien trop froid et tranchant pour cela. Pourquoi s'y risque-t-il ?
Silence. Plus rien. Que se passe-t-il ? Plus aucun son ne te parvint. Une sphère noire et opaque semble t'avoir envahit, te rendant aveugle est sourde. Où es-tu ? En toi. Comme si ton corps était resté au centre commercial près de ce jeune homme mais que ton esprit était parti ailleurs. Loin, si loin. Tu ne vois plus rien. Tu n'entends plus rien. Tu sembles étouffer, un sentiment de claustrophobie t'envahit subitement. Tes muscles se crispent. Ton souffle s'arrête. Tu es pétrifiée, comme ce fameux jour sanglant. Tout recommence. Comme avant. Mais les choses sont différentes, la sensation n'est pas la même. Un bruit de fond te parvint. Un bourdonnement calme puis de plus en plus fort. Une mélodie. Enfin tu n'es plus sourde. Tu respires. Le son te parvint. Cette musique est violente, cette musique est puissante, cette musique te déstabilise. Elle n'est pas douce et apaisante comme celle d'Axis. Elle est plus franche. Plus dure. Ton corps entier semble vibrer avec force, ton âme est secouée, une puissance nouvelle t'envahit.
Tu fermes les yeux. Ton prénom t'est alors murmuré. Ton regard s'écarquille violemment sous la surprise. Quelqu'un est là. Derrière toi. Tu ne peux pas te tourner. Tu n'en as pas le droit, tu le sais. Mais il est là. Deux mains aux doigts fins et froids se mettent à glisser avec délicatesse le long de tes bras. Tu semble frigorifiée. Ses lèvres se posent contre ton oreille. Il te parle…
Le silence, les ténèbres, le vide, tout s’étire, se déchire et s’écarte de la réalité. Un son électrique jaillit des entrailles, et le vide est combler. La haine, la rancœur? Oublié. Juste un rappel à la réalité posée sur des kicks bien trop violent pour répondre romantiquement. Never forgive and never forget. Qui ment? Qui est hypocrite? Bonne cause ou mauvaise, il faut voir au plus profond des notes pour cela. Mais rappel toi, oui, ose te rappeler cette journée où le sang à couler…
« Ose te remémorer comment nous avons été trahis, comment tous nous ont rejeté, ose penser que le mal est partout chez eux et que les mots sont trompeurs. Ne te laisse pas porter par cette musique bien trop recomposée. Deux kick pour un temps, son cœur s’est emballé, mais qui croit-il trompé? De quoi est-il éprit? La carcasse? La musique? Illusion. Nous sommes des artistes, ceux éveillant la vérité par nos mensonges, ils ne sont que la réciproque inverse. Alors lève toi, rappel lui l’ordre des choses, calme cette attirance qu’il croit être de l’amour. Que sait-il de toi? Il ne sait rien, de toi, de nous, du destin qui est le tien Gabrielle. »
Son corps est retourné, elle me fait face. Moi qui fait maintenant partie d’elle. Elle peut voir mes yeux couleurs d’argents, ceux aspirant au métal, à la glaciale température de ma franchise, de ma colère. Je peux voir dans son regard l’incompréhension la plus totale. Moi qui n’était qu’un feu au bord du précipice, me voilà foyer d’un sentiment de révolte. Une flamme nait derrière moi, une flamme d’argent, elle se consume, s’intensifie, elle irradie le vide d’un son de guitare. Et je m’approche, dépose mes lèvres sur les siennes, la flamme explose et ce monde brûle.
« Embrasse ma haine envers ce monde, et protège toi de cette merde qui ne te mérite pas. »
Un trou noir à nouveau, te revoilà connecté à la réalité. Le centre commercial revient dans ton esprit bouleversé, le jeune homme à côté de toi refait son apparition dans ta tête tout comme la masse de gens vous entourant. Comme si ce passage ayant duré plusieurs minutes, avait figé le temps. Arrêter tout mouvement et tout chose. Sans t'en rendre compte tu avais retiré ta main dans la sienne. Geste instinctif guidé par une autre personne. Oui. Tu n'es pas seule. Il est là. L'un de tes yeux a abandonné sa couleur doré pour se teindre d'argent et ton âme ne semble qu'à moitié présente. Une impression de partage t'envahit. Tu n'es plus seule et jamais plus tu ne le seras. Instinctivement, tes doigts vinrent se poser sur tes lèvres, réinserrant dans ton esprit l'image de celui qui t'habite. Il t'a embrassé et tu lui as répondu. Un baiser d'amertume et de haine. Un baiser qui te rappelle à la dure réalité. Un baiser qui te rappelle que ton esprit n'est fait que de métal depuis cette funeste mort. Si amer...si bon... Ton regard bicolor se pose dans le sien et une voix nouvelle, comme un murmure, se superpose à la tienne :
"-Dis-moi...quel est ton nom ?"
Les choses changent. Rien n'est plus pareil. Vous êtes trois dans ton esprit. Axis, Shikyo et Gabrielle...Mais au fait...qui est Gabrielle ?
Sujet: Re: Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela] Mar 21 Fév - 15:51
« Le message dit: "Tic Tac." »
"Bien sûr que je l'entends. Chaque être possède une musique. Je fais parti de ceux qui écoutent."
Ses mots flottent dans l'air quelques seconde. Puis, s’effacent comme un nuage de fumée. Le sourire de Bela disparait un instant. C'est quoi ces conneries ? Chaque être possède une musique ? Si ils disposent à peine d'une âme, comme celle-ci peut chanter ? À penser avec tant d'indulgence envers l'espèce humaine elle se perds. Elle ne pouvait pas entendre ça. Elle ne pouvait pas comprendre. Elle ne pouvait pas l'interpréter... Ce rythme à deux temps. Qui palpite dans cette carcasse froide. Elle n'a même pas pu le voir. Bien trop perdu à chercher au-delà des gens. Solitaire.
Ses mots sont assurés. Sec. Ils tonnent presque dans l'air. Il résonne encore dans la tête du jeune homme. Qui est-elle donc ? Pourquoi être si froid alors qu'il est là. Ce tic-tac organique. Elle ne le sent pas ? Cela ne vient alors que de lui. Il a légèrement chaud. Bela se redresse, le monde autour ne lui parvient pas. Il la regarde. Elle est là, si intrigante. On a l'impression que rien de ne ce qui se passe autour d'elle ne l'atteint. C'est une poupée mécanique. Perdue dans un monde qui n'est pas le sien. Un peu comme toi, jeune fauve égaré. Pourtant elle le touche et le trouble. Il se demande pourquoi lui ne peut pas l'atteindre. C'est peut-être elle, la reine des sommets.
Oh, en un intangible instant, sa main se retire de celle du jeune homme. Comme un filet d'eau qui lui aurait ruisselé à travers ses doigts ; c'est à peine s'il l'a sentie la main se glisser hors de son emprise. C'est à son image. Ou en tout cas à l'image que Bela se figure d'elle. Si intense et pourtant, si lointaine, transparente et insaisissable. Il ressent une légère frustration. Juste parce qu'elle ne comprends pas. Elle ne l'entends pas. Et pourtant proclame le contraire. Son regard change. Prétention.
- "Dis-moi... Quel est ton nom ?", demande t-elle. Comme si ça avait une quelconque importance.
Cette douce chaleur qui se propageait dans son corps. Tout doucement. Un murmure venant des tréfonds de lui-même. Réconfortant. Elle doit le comprendre. Sinon il ne peut exister pour elle. Le fauve, engaillardi par ce sentiment étends ses bras autour de la jeune femme. Ses longs doigts passent avec une délicatesse infinie derrière la tête de la jeune homme. En un mouvement, il accompagne la tête de la belle demoiselle jusqu'à son poitrail. Légèrement à gauche. Un rythme à deux temps qui monte, comme un léger et régulier roulement de tambour. Un. Deux. Un. Deux. Un. Deux...
Il est là. Il le sent battre fort dans sa poitrine. Elle l'entends aussi. Forcément. Il s'accélère légèrement. Elle est là contre lui. Elle peut connaitre cette chaleur. Au moins l’apercevoir. La laisser caresser fébrilement la peau. Même si lui, il ne peut la saisir. Ce rythme, lui il peut. Va t-elle réussir à le comprendre ? À le tolérer ? À le laisser lui pénétrer la carcasse. Elle peut le rejeter. Marcher dessus. L'écraser. Ou l'embrasser. Qu'importe. Lui, il murmure :
- "Bela."
Et le silence frappe son esprit...
Invité Invité
Sujet: Re: Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela] Dim 26 Fév - 14:19
Il est là, devant toi comme un animal sauvage acculé. Il te fixe et ne te lâche pas une seule fois du regard pourtant il ne semble pas réellement à l'aise. Sa musique a changé, quelque chose s'est transformé. Peut-être a-t-il senti que tu n'étais plus seule dans ton esprit ? Ou peut-être se rend-t-il simplement compte du genre de personne que tu es ? Le genre d'être donnant l'impression que tu n'es faite que de métal alors que ton corps n'est constitué que de chair et d'os. Tu n'es qu'une louve sauvage ne souhaitant plus faire partie de ces gens auxquels tu restes malgré tout liée. Tu ne peux pas fuir ce monde qui ne cesse de s'agrandir Gabrielle…Non jamais tu ne le pourras car dans le fond, ils sont la seule occupation qui empêche ton esprit de mourir définitivement pour n'être qu'enveloppe vide de sens. Clic. Tes yeux s'écarquillent. Sa musique à changé. Elle semble plus douce, plus heureuse. Si différente. Un geste. Un souffle rapide. Que se passe-t-il ? te voilà contre lui sans comprendre quoi que ce soit.
Tu es contre lui ? pourquoi es-tu contre lui ? Une douleur fulgurante te saisit le crâne et bien qu'extérieurement tu ne laisses rien transparaître, intérieurement tu hurles de douleur. Un sifflement strident résonne dans ta tête puis…plus rien. Tes deux yeux sont à nouveau dorés. Il est parti. Pour l'instant. Analyse système. Tentative de reconnexion. Tu lèves les yeux, tes iris de miel se pose alors sur le visage du jeune homme. Cette fois plus rien ne viendra perturber cet instant. Tu décides de te reconcentrer sur vous, car contrairement au reste du monde, il ne t'a pas fuit alors peut-être mérite-t-il que tu t'attardes sur sa personne ? Tes yeux se referment alors d'eux-mêmes car un chant timide et complètement différent semble essayer d'attirer ton attention. Tu inspires lentement et oublies le monde qui vous entoure. Tic. Tac. Un. Deux. Ce chant si organique, si pur. Ce chant que tu as toujours tendance à oublier, te concentrant bien trop sur la musique de l'âme. Oui tu l'oublies sans cesse celui-ci n'est-ce pas ? Tu as l'impression d'avoir perdu le tiens alors tu occultes le fait que tout le monde en possède pourtant un…un cœur.
Mais le sien est présent. Il bat, il vibre pour te montrer qu'il vit. Un frisson glisse le long de ton échine et ce fut comme si ton esprit entier se calait sur le rythme doux qu'offrait son cœur. Tu te détends. Tout est calme. Sa voix te parvient. Bela. Un prénom original que jamais encore tu n'as eu l'occasion d'entendre. Il a une belle sonorité il n'y a pas de doute. Les yeux clos, le visage de Bela te revient en mémoire, tu le visualises à nouveau en observant les détails. Cette même tignasse noire, ce même regard avec ce je ne sais quoi de supplémentaire ce…Une douleur nouvelle et violente transperce alors ton corps de part en part et tu te redresse violemment. Pliée en deux sur le banc, tu enlaces tes côtes avec force tandis que tu te mets à suffoquer légèrement. Ton visage est déformé par la peur et la panique et ton corps semble prisonnier d'un étau qui se resserre encore et encore. Bela… il lui ressemble tant… à lui… Jamais tu ne l'oublieras. Tu ne pourras jamais.
Des souvenirs macabres viennent envahir ton esprit, meurtrissant un peu plus ton esprit à chaque passage. Tu as l'impression d'étouffer, l'impression de mourir à petit feu. Il te faut de l'air, il te faut du calme. Oui. Le parc d'attraction abandonné. Tu y vas pour t'éloigner du tumulte de la ville. Il faut que tu ailles. Suffocante tu reposes ton regard suppliant sur le visage de Bela. Dois-tu demander de l'aide à cet homme qui ressemble horriblement à ton pire cauchemar ? Est-ce réellement une bonne idée de demander de l'aide à ce jeune homme qui ramène en toi, tant de choses effrayantes et douloureuses ? Involontaire. Il n'a pas fait exprès. Louve, ait confiance en lui il est le seul être qui puisse t'aider. Dans un geste pénible, tu réussis à enrouler ton bras droit autour de sa nuque, approchant tes lèvres rougeoyantes du creux de son oreille tu lui murmures difficilement dans un souffle suppliant et à peine existant :
"- Le parc d'attra…ctions…abandonné…vite…je t'en..supplie…Bela…"
Peut-être t'aidera-t-il, ou peut-être prendra-t-il peur et préférera t'abandonner ici. Tu n'en as aucune idée. Les choses sont ainsi faites. Tu n'as pas le contrôle de la situation. Tu as horreur de ça….
Funeste tragédie d'une mélodie dansante…
[SUJET A LOCKER]
Les instruments s'accordent...nouvel artiste [pv Bela]